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    Samuel Sevi, le protecteur des récoltes de latex d’hévéa

    Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Je suis Samuel Sevi N’guessan GBEKPON. Je suis principalement connu pour mon invention dans le domaine agricole et pour ma citation « Je ne veux pas faire partie de ceux qui traversent le monde mais de ceux qui marquent le monde ». De nationalité ivoirienne, je suis entrepreneur, inventeur, chef d’entreprise, porteur de projets, consultant, expert international et conférencier.

    Quelle est votre invention ?

    Mon invention « Rain Protect » est un dispositif destiné à protéger les tasses qui recueillent le latex d’hévéa (ou caoutchouc naturel) contre l’eau de pluie. La pluie empêche la production de latex. En effet, récolter le latex d’hévéa peut s’avérer difficile notamment lors de la saison des pluies, car l’eau de pluie inonde les tasses entraînant des pertes de production.

    La pluie abîme également la qualité du caoutchouc naturel, en augmentant son taux d’humidité. 

    Plus de 35% des productions se perdent à cause de la pluie et le peu de production sauvegardée est souvent refusée à l’achat car jugée de mauvaise qualité.

    « Rain Protect » permet ainsi aux agriculteurs de produire du latex d’hévéa à tout moment de l’année, sans risque de baisse de qualité ou de perte de production, tout en préservant les cultures et en augmentant les revenus des producteurs. Cette invention à fort impact social et économique a été brevetée.

    D’où vous est venue l’idée de ce projet ?

    Mon grand-père est planteur d’hévéa et pendant mon voyage au village en 2011, j’ai constaté qu’il perdait une grande partie de sa production de latex à cause de la pluie. J’ai alors inventé le protège tasse à latex d’hévéa appelé « SIVE », pour mon grand-père et tous les planteurs d’hévéa. J’ai ensuite obtenu un brevet d’invention et créé mon entreprise.

    Plantation qui utilise le dispositif « Rain Protect »

    Qu’elles ont été les retombées de votre invention en Côte d’Ivoire et dans le monde ?

    Aujourd’hui « Rain Protect » est utilisé par de nombreux clients sur le marché national et les résultats sont probants avec des gains de production allant de minimum 35% à plus. Cela impacte considérablement leurs revenus. Le projet commence également à générer la création de nombreux emplois pour les jeunes.

    Nous souhaitons également exporter notre invention dans les autres pays producteurs d’hévéa dans un futur proche.

    L’arbre d’hevéa est aussi accusé de « dévorer les forêts », quel est votre avis et pensez-vous orienter vos inventions vers d’autres types de cultures agricoles ?

    Je ne partage pas cet avis car l’hévéa contribue surtout au reboisement des forêts avec plus de 300 000 000 d’arbres plantés qui représentent plus de 500 000 hectares. L’hévéa fait partie intégrante de la politique de reboisement de la Côte d’Ivoire et représente environ 30% du potentiel forestier à caractère agricole. L’Etat souhaite augmenter la quantité d’arbres d’hévéa de 12% par an.

    Notre projet vise à encourager les cultivateurs à intégrer une solution viable et indispensable, ainsi qu’une approche climato-intelligente et écosystémique en ligne avec les objectifs du gouvernement. Cette alternative permet ainsi aux cultivateurs de préserver leurs plantations et d’obtenir des revenus supplémentaires.

    Cette solution se substitue également à l’utilisation de produits chimiques qui ont un impact négatif sur les espèces végétales et sur la transformation industrielle. Ainsi, nous facilitions un changement des habitudes en remplaçant l’utilisation de solutions chimiques par l’utilisation de solutions écologiques.

    Pour répondre à votre seconde question, je souhaite également développer de nouveaux projets. L’avenir nous le dira.

    Face à ces nouveaux métiers qui se créent, comment encourager les jeunes à s’intéresser à l’innovation dans le secteur agricole, pilier de notre économie ?

    S’intéresser aux innovations dans le milieu agricole est selon moi primordial dans la mesure où l’agriculture est l’un des piliers majeurs du développement des pays du monde. On ne peut prétendre au développement en écartant ou en ne s’intéressant pas à l’agriculture qui nourrit l’homme. Un homme peut se priver de voiture, de voyage etc… Mais aucun homme ne peut vivre sans se nourrir ou se vêtir.  Ce qui veut dire que la question de l’agriculture est une question existentielle. Il est donc obligatoire que nos populations, et surtout la jeunesse, s’y intéressent tout en proposant des innovations et des solutions à impact positif.

    Alors pour répondre à votre question, je dirai juste qu’il est essentiel que les jeunes prennent conscience des défis futurs. Un éveil de conscience sur l’indispensabilité du secteur agricole est vital.

    Samuel Sevi a remporté plusieurs distinctions, nationales et internationales, dans le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Parmi les plus emblématiques, le prix Capital intelligent de la CGECI BPC 2016 qui récompensait 7 jeunes entrepreneurs parmi plus de 800 candidatures. Grâce à son projet « Protège tasse à latex d’hévéa », Samuel Sevi a aussi été distingué lors de la première édition de Falling Walls Lab Abidjan 2017 en Côte d’Ivoire. Cette première place lui a permis de représenter la Côte d’Ivoire à Berlin en novembre 2017 face aux 99 autres meilleures inventions du monde. Samuel fut aussi nommé champion national du Get in the Ring Abidjan 2017, titre grâce auquel il représenta le pays lors de la plus prestigieuse compétition mondiale d’entrepreneurs en mai 2017 à Singapour.