Widget Image
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetuer adipiscing elit, sed diam nonummy nibh euismod tincidunt ut laoreet dolore magna

Sorry, no posts matched your criteria.

Sign Up To The Newsletter

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetuer adipiscing elit, sed diam nonummy nibh euismod tincidunt ut laoreet

    Mariam Diaby, l’entrepreneure ivoirienne qui magnifie les cheveux naturels

    Mariam Diaby est une femme épanouie de 39 ans, sans artifices et dont le rire facile vous met tout de suite de bonne humeur. On ne s’ennuie jamais avec elle car elle vous embarque tout de suite dans son monde. Croyante, ambitieuse et optimiste, elle a le contact facile et sait vous mettre en confiance. « D’aussi loin que je me souvienne, j’étais assez extravertie quand j’étais petite. J’étais aussi très curieuse. On me considérait comme le troisième garçon de la fratrie parce que je n’aimais pas les choses « girly ». Je m’épanouissais mieux avec un set de tir qu’avec des poupées. »

    Avec un père dans l’éducation nationale et une mère dans l’informatique, Mariam Diaby a eu la chance d’être bien accompagnée. Un parcours scolaire réussi, marqué par l’obtention de plusieurs diplômes universitaires dans différents pays (au Maroc, en France et en Angleterre) qui lui ont permis d’acquérir des connaissances diverses mais complémentaires en Commerce International, Marketing, Lobbying et Informatique.

    En 2011, elle découvre le mouvement Nappy Hair, un mouvement dont elle deviendra par la suite l’une des principales ambassadrices en Côte d’Ivoire. Nappy est la contraction de Natural and Happy. Né aux Etats-Unis, ce mouvement rassemble les femmes souhaitant conserver leurs cheveux naturels et renoncer aux diktats de beauté.

    A cette époque, elle voyait très peu de femmes avec les cheveux naturels dans les rues d’Abidjan. Elle décide donc de créer « Nappys de Babi », une communauté ivoirienne visant à aider les femmes à assumer et entretenir leurs cheveux crépus au naturel.  

    Quelques mois avant de lancer Nappys de Babi, Mariam s’était fait couper les cheveux. Et très vite, trouver le bon coiffeur à Abidjan, capable de s’occuper de ses cheveux crépus, est devenu problématique. A cette époque, très peu de salons étaient en mesure de traiter le cheveu crépu. Face à cette impasse, elle eut donc l’idée de réunir quelques amies qui avaient aussi les cheveux naturels au sein d’un même espace pour échanger des conseils et des astuces beauté pour entretenir leurs cheveux. De là est née sa communauté : Nappys de Babi.

    Cinq ans plus tard, grâce au dynamisme de cette communauté, il y a eu un changement assez radical. Les femmes affichent désormais leurs cheveux crépus partout : dans la rue, dans les émissions de télé, au bureau etc. Aujourd’hui avec ses différentes activités, elle a moins de temps pour s’en occuper, mais Nappys de Babi occupe toujours une place particulière dans son cœur. « Rien de plus beau qu’être soi, en harmonie avec ses cheveux. Je considère que le cheveu est le plus bel accessoire de l’homme et que nous pouvons en faire ce que nous voulons. Le cheveu naturel a cette magie qui lui permet de prendre une multitude d’aspects, et c’est ça que je trouve fascinant. »

    Depuis, Mariam Diaby a sauté le pas et s’est finalement lancée dans l’aventure entrepreneuriale en créant deux entreprises consacrées au bien-être capillaire : les centres Kun’si, qui réalisent des soins capillaires, et la marque de distribution Mùn cares. « Avec la Communauté Nappys de Babi que j’ai créée en 2011, j’ai fini par détecter les besoins d’un marché existant, en pleine croissance, et j’ai saisi l’opportunité en 2017 en ouvrant le premier centre capillaire Kun’si ».

    Mariam Diaby au centre Kun’si

    En 2020, Kun’si comptait 4 centres, situés entre Abidjan et Bouaké. Avec la crise sanitaire due à la Covid-19, Mariam Diaby a dû recentrer ses activités et modifier sa façon de fonctionner, ainsi que son offre de services. Aujourd’hui, elle dispose d’un unique centre fonctionnel, qui rassemble les services de soins et une offre de distribution de sa nouvelle marque Mùn Cares. « Nous nous apprêtons à rouvrir le centre d’Abidjan sud car nos clients nous attendent avec impatience ».  

    Bien qu’elle ne soit pas toujours personnellement impliquée dans les activités au quotidien, Mariam connaît la quasi-totalité des clients Kun’si. « Je discute avec eux, je suis leur évolution et j’interviens quand c’est nécessaire pour modifier leurs fiches de suivi ». Selon Mariam Diaby, la cliente type Kun’si est une jeune adulte, salariée, qui prend plaisir à changer de tête fréquemment, et qui n’a pas peur de tester de nouvelles choses, avec un budget adapté à ses capacités. 

    Le lancement des activités de Kun’si a été un véritable tournant dans le parcours de Mariam Diaby. « Il a suffi d’une opportunité pour que je me décide à me lancer, et la réaction positive du marché m’a agréablement surprise dès le premier mois. J’en ai tiré une leçon : ne pas attendre, une fois qu’on sait ce qu’on veut. »

    Mariam Diaby est également autrice du livre « Mon cahier Nappy » paru en 2021

    Aujourd’hui, c’est donc un petit empire rayonnant de la beauté naturelle africaine qu’elle est en train de construire étape par étape. Cependant, certaines difficultés inhérentes à ce type d’activité continuent de peser sur son quotidien. Il s’agit des ressources humaines. « On ne parle pas de salon de coiffure, mais de centre de soins, dans lesquels il est important d’avoir certaines connaissances pour délivrer le niveau de qualité de service que je souhaite. Malheureusement, il est encore sous-coté de travailler dans un institut de beauté, parce que considéré comme un boulot de passage ou pour quelqu’un qui semble ne pas avoir d’autres alternatives » explique Mariam. Malgré tout, Mariam Diaby tente tant bien que mal de pallier ce problème en formant individuellement ses nouvelles recrues, avec le risque de les voir être débauchées par la concurrence. Mais ne dit-on pas : « qui ne risque rien, n’a rien » ?

    A quoi ressemble une journée-type de notre entrepreneure ivoirienne ? Tout d’abord, le réveil avant le lever du soleil pour la prière. Elle dit dormir assez tard en général. Elle sort ensuite aux environs de 9h, soit pour aller à son centre, soit pour travailler avec sa nouvelle associée sur des idées de formulation, pour de la production ou simplement cogiter sur les nombreux projets à finaliser. « Je rentre vers 21h pour me doucher, prier et je travaille enfin sur ma comptabilité ou sur mes futurs projets. Je m’endors vers minuit ou 1h du matin, après avoir visionné quelques vidéos sur Tik Tok. C’est ma routine depuis plus d’un an, maintenant ».

    Concernant ses futurs projets, elle souhaite organiser des activités pour contribuer à la montée en compétences des acteurs de la cosmétique ethnique, à plusieurs niveaux (formation, production, marketing, etc.). Elle prévoit aussi le lancement officiel de sa marque de distribution Mùn Cares, composée de différentes gammes de produits. Elle travaille enfin sur Kun’si Academy, un espace de formation dédié aux cheveux naturels.