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    Okri Marie Paule Djegue, spécialiste de l’agriculture écologique et fondatrice de Weforher

    Comment te définis-tu ? 

    Je suis Okri Marie Paule Djegue, diplômée en agriculture tropicale option végétale et titulaire de plusieurs certificats en agriculture écologique. Je me définis, comme étant une femme qui a pour ambition d’aider d’autres femmes à atteindre le pouvoir économique, social et politique et pour y arriver, j’ai cofondé Weforher avec des amies.

    « Le succès de ce pays repose sur l’agriculture », cette phrase est-elle toujours d’actualité ? 

    Cette phrase est toujours d’actualité, cependant les producteurs et productrices qui sont les mains ouvrières de ce secteur ne sont malheureusement pas concernées par cette belle citation. En effet, ces personnes qui font que nous sommes fières de dire au monde que nous sommes des géants dans la production du cacao, de l’hévéa, du café… vivent dans la misère totale.

    L’agriculture conventionnelle telle que pratiquée depuis toujours en Côte d’ivoire est-elle encore la solution ? 

    L’agriculture conventionnelle telle que pratiquée en Côte d’Ivoire n’est pas la solution, il n’y a qu’à voir notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur en matière d’alimentation. Nous importons pour 300 milliards de riz par an, 95% de notre consommation en oignon nous vient de l’extérieur. Alors je dirai qu’il faut repenser notre agriculture et se tourner vers de nouvelles méthodes.

    En tant que spécialiste, quelle est la bonne formule pour construire un économie durable basée sur l’agriculture ?

    Il faut revenir à une agriculture qui nourrit la population, développe l’économie et qui a un impact limité sur l’environnement, c’est seulement de cette manière que l’on pourra avoir une économie durable basée sur l’agriculture. Il faut également vulgariser les techniques agroécologiques. Il faut outiller nos agriculteurs et surtout il faut produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons.

    Avons-nous les moyens de produire et de consommer local ? 

    Nous avons les moyens de produire et de consommer local, malheureusement nous sommes à la traîne à cause d’un manque de volonté politique. La Côte-d’Ivoire est un pays qui jouit d’un environnement propice à l’agriculture. Elle est bien arrosée avec des précipitations variant de 1000 à 2000 mm d’eau / an en zone forestière et de 800 à 1000 mm d’eau / an en zone de savane.  

    Elle bénéficie aussi d’un vaste réseau hydraulique constitué de 5 principaux fleuves le Bandama, le Sassandra, le N’Zi, le Cavally et la Comoé. Elle dispose d’une population majoritairement jeune selon les dernières statistiques du RGPH.  En effet, la Côte-d’Ivoire est composée à 77,7% de jeunes, donc une main d’œuvre abondante.

    Qu’elle devrait-être la place de la femme dans le monde agricole ? 

    Déjà il faut savoir que les femmes sont responsables de 80% de la production alimentaire de la Côte d’Ivoire et dans le même temps à cause des traditions socioculturelles, elles sont rarement propriétaires de terres cultivables. Elles ne travaillent donc que sur de petites parcelles à côté des grandes surfaces de cacao des hommes. Je pense, qu’il faut sortir de ces traditions qui limitent la femme et lui permettre d’obtenir des terres afin d’augmenter nos productions alimentaires.

    Weforher en une phrase ? 

    Weforher qui signifie littéralement « nous pour elle », est une ONG qui milite pour l’autonomisation financière des femmes du milieu rural en leur donnant des formations en agriculture écologique et en transformation agro-alimentaires de leur production. Par ailleurs nous militons pour la scolarisation des jeunes filles du milieu rural.

    Quel bilan à mi-parcours est-ce que vous pouvez dresser sur votre engagement auprès des femmes en milieu rural ?

    Weforher c’est la satisfaction d’avoir construit une bibliothèque à Banvayo dans le département de Nassian. C’est également la satisfaction d’avoir formé une centaine de femmes à la production d’oignons suivant un itinéraire technique basé sur l’écologie. Weforher c’est la satisfaction d’avoir offert une Broyeuse aux femmes de Banvayo pour diversifier leurs sources de revenus. Enfin, Weforher c’est des conférences sur le leadership féminin dans des collèges en milieu rural.

    A quel moment penses-tu avoir réussi ta mission ? 

    Je pense avoir réussi ma mission quand les femmes qui n’utilisaient que des produits chimiques pour leur production d’oignons, deviennent de grandes adeptes d’intrants organiques et qui vont jusqu’à les fabriquer elles-mêmes.  Je suis heureuse quand elles arrivent à scolariser elles-mêmes leur fille. C’est à ce moment-là que je pense avoir accompli ma mission.