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    Melissa Fatoumbi Coulibaly, l’ivoirienne qui s’impose dans le secteur des céréales pour enfants

    « Même si j’échoue, au moins j’aurai essayé. » C’est avec cette pensée forte que Melissa Fatoumbi, épouse Coulibaly, démarre toutes ses journées. A 34 ans, cette ivoirienne a réussi à s’imposer dans le secteur de la transformation et la commercialisation de céréales naturelles du terroir ivoirien (maïs, mil, sorgho, soja etc.) en produit fini pour bébé, enfants et adultes.

    Le nom de sa marque :les Ptits Plats Oman. Elle propose également des mélanges à base de fruits et légumes à hautes qualités nutritionnelles qui favorisent la bonne croissance de bébé. Elle a aussi développé une solution naturelle qui permet de booster la lactation de la nourrice : le kit de lactation car selon elle, le lait maternel reste le meilleur aliment à offrir à son bébé avant 6 mois.

    C’est toute une activité intense qu’elle mène avec brio depuis 2018, auréolée de sa seconde casquette : celle de maman blogueuse influence, c’est-à-dire créatrice de contenu autour de la maternité. Rêveuse et fonceuse… des traits de caractères qui la suivent depuis sa plus tendre enfance. « J’étais une petite fille curieuse car je posais trop de questions.  J’étais turbulente, c’est ce que mes parents m’ont dit. Pour moi, il y avait une raison à tout et j’avais besoin de savoir. Je dirai également extravertie. Je participais à tous les concours (rires)… Que ce soit à l’école comme au quartier : Concours de théâtre, de danse etc… Dès qu’il y avait une activité où il fallait quelqu’un qui n’avait pas du tout honte de se mettre en avant, on disait: Voyez Fatoumbi. »

    Melissa Fatoumbi Coulibaly est diplômée en Ressources Humaines et Communication. En 2013, elle commence sa carrière professionnelle en tant que rédactrice stagiaire à Ayana webzine, puis de 2015 à 2016, elle exerce comme Community manager à People Input. Ensuite, elle continue son parcours au sein de ACG (Africa Contents Group) en tant que rédactrice en chef de BuzzyAfrica et enfin chef de projet digital ACG. Une expérience qui durera jusqu’en 2019. « A l’époque j’étais focus carrière, et je n’avais pas toujours le temps de me rendre à la PMI (Centre de Protection Maternelle et Infantile) pour avoir les céréales pour bébé. » Mais grâce à son influence sur les réseaux sociaux, notamment sur son groupe Facebook dédié aux mamans Ôman, elle s’est retrouvée très souvent en contact avec les professionnels de la santé. « En gros, j’avais l’information sur comment faire pour nourrir au mieux mon bébé. Pour rappel, J’ai débuté l’aventure du blogging alors que j’étais enceinte de mon deuxième bébé. J’avais besoin d’extérioriser tout ce que je vivais et ressentais. Mais j’avoue que ma communauté est devenue plus importante lorsque je suis tombée enceinte de mon 3ème bébé. Vous savez en Afrique quand vous êtes enceinte, on vous demande de vous cacher et moi je faisais tout le contraire car en tant que femme, nous avons besoin de nous exprimer sur la maternité qui est un sujet délicat. Comme j’ai pour habitude de le dire, il n’y a pas de sujet tabou sur ma plate-forme ! » Et un jour, une puéricultrice lui donne une documentation dans laquelle est expliqué tout le processus de fabrication de céréales naturelles en produits finis pour bébé et enfants. Melissa décide donc de les proposer aux mamans de son réseau car la demande était réelle. Elles ont presque toutes adhéré.

    Aujourd’hui, Melissa travaille avec une équipe de 6 personnes permanentes et 5 contractuelles. Ses produits s’inscrivent dans une fourchette de l’ordre de 1000 à 8000 FCFA. Son équipe livre en moyenne 20 commandes par jour dans la ville d’Abidjan et ses banlieues. Parmi les pays où elle a le plus de clients, il y a le Burkina, le Togo et le Sénégal. Melissa est dans une recherche continue pour améliorer ses packagings. Côté hygiène et norme de qualité, elle fait tout ce qui est dans son possible pour se conformer aux règles en vigueur. « Nous avons obtenu un certificat de salubrité de la part de L’INPHB (Institut national de l’hygiène publique) qui nous permet de pouvoir exposer dans des grandes surfaces. Nous faisons encore d’autres tests afin de nous permettre de commercialiser nos produits dans des pharmacies. »

    Néanmoins, son plus gros frein demeure les difficultés d’approvisionnement en matière première d’une part, et l’approvisionnement en bocaux pour le conditionnement. Elle a également du mal à expédier ses colis dans certains pays alors qu’il y a une forte demande. « Je cherche toujours le bon créneau. Avec la COVID, l’inflation s’est fait sentir et ça n’a pas été facile de maintenir nos prix. Mais tout doucement nous essayons de pallier tout cela. »

    L’entrepreneure ivoirienne est consciente que l’amélioration constante de ses produits alimentaires et la satisfaction de sa clientèle sont une priorité, au regard de la forte concurrence qui entoure son secteur. « Les marques locales qui évoluent dans le 100% naturel comme moi il y en a de plus en plus. Toutes aussi naissantes, elles sont toutes des concurrentes de taille. Et chacun de nous à sa cible. Je n’ai pas peur. Il y a de la place pour tout le monde. Je prends le temps de me construire et de me positionner au fur et à mesure. Lentement mais sûrement. Rome ne s’est pas faite en un seul jour. »

    Une journée normale avec Mélissa, c’est la prière dès 6h du matin, consultation des messages reçus, recensement des commandes de la veille, dépôt des enfants à l’école, ouverture de l’unité de production à 8h, positionnement des colis, appels et départ des coursiers à 9h30 pour un premier tour et à 13h30 pour un second tour.

    Ensuite, elle se met à travailler sur ses différents projets tout en veillant à ce que chaque colis arrive à bon port. Elle se rend aussi à des rendez-vous ou participe à des événements, mais elle fait le nécessaire pour récupérer ses enfants à l’école dans la mesure du possible. « Je me dis que pour le moment, j’ai encore du temps. Je fais tout ce que je peux pour leur bien-être. »

    Melissa apprécie la proximité qu’elle a avec sa clientèle, en particulier sa forte communauté de 57.000 mamans qui constituent son groupe Facebook Ôman. Et celle-ci le lui rend bien. « Je suis très proche des mamans. Pour le moment je prends soin de répondre moi-même à mes clientes. Je sais qu’à la longue ça sera difficile mais ce sont-elles qui me ramènent généralement de nouveaux prospects. Elles se sentent écoutées et ont en face d’elle une maman qui a les mêmes réalités qu’elles. »

    C’est avec le soutien indéfectible de cette même communauté de mamans que Melissa s’investit également dans des causes sociales. Elle porte surtout son attention sur les femmes enceintes, les nourrices en difficultés et les enfants malades. « Durant ce mois de décembre, nous allons entretenir et faire des dons à des femmes vivant dans un village de la localité de Dabou, avec l’aide de la sage-femme Gonto. Histoire de les sensibiliser sur les gestes qui peuvent sauver la vie de leurs enfants comme notamment les bien faits de l’allaitement maternel et les bons gestes à adopter pour éviter la malnutrition des enfants dont l’âge est compris entre 0 et 5 ans. » La malnutrition demeure un facteur de mortalité de nombreux enfants en Afrique.

    Depuis le début de son aventure entrepreneuriale, il y a une anecdote qui a particulièrement marqué Melissa et qu’elle n’oubliera certainement jamais. « Sur la plate-forme « Un Consommateur Averti en Vaut 2 ? », les consommateurs font des publications pour se plaindre des marques, faire des recommandations de produits ou encore des recherches. Un jour, une dame fait un post disant qu’elle était à la recherche de produits naturels pour son bébé. Ce jour-là, la majorité des personnes qui ont répondu sous la publication me recommandait. Je me suis rendu compte que je n’avais plus droit à l’erreur. « Les ivoiriens connectés connaissent presque tous le groupe Facebook. »

    Malgré ses succès, Melissa ne se repose pas sur ses lauriers. Elle a le regard profondément tourné vers l’avenir et concentré sur sa vision. Sa liste est longue. Dans les années à venir, elle veut mettre en place une grande unité de production, vendre ses céréales dans les grandes surfaces pour toucher une autre cible, avoir des représentants et des boutiques dans la sous-région. On lui souhaite beaucoup de chance.