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    Edith Kouassi, la reine ivoirienne du recyclage des déchets plastiques

    Je partage en commun le prénom Edith avec cette jeune entrepreneure ivoirienne dont le caractère est forgé sur ces trois mots : foi, audace et sens de responsabilité​​.

    Agée d’une trentaine d’années, Edith Amenan N’da KOUASSI à l’état civil, est gérante et cofondatrice de ECOPLAST INNOV, une startup spécialisée dans la gestion des déchets plastiques et pneus usagés mais également dans les énergies renouvelables.

    Nous nous sommes rencontrées en 2019 à la faveur d’une conférence qui se tenait au centre américain de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. “Ce jour-là, j’étais partie spécialement pour vous voir car à chaque fois que j’étais à un atelier ou un forum, on me demandait si j’étais votre sœur. Et quand je disais non, on me disait de chercher à vous voir.”, me dit-elle sur le ton de la confidence. Et depuis lors, je suis son parcours professionnel très inspirant.

    Diplômée d’un master en environnement et gestion des déchets, elle a constaté pendant ses études de terrain, l’impact néfaste de ces déchets sur la vie des populations. Dans un contexte local (Afrique de l’Ouest) où les populations peinent à saisir l’importance et les enjeux du traitement des déchets plastiques, c’est une mission très challengeante pour Edith Kouassi. Mais, elle semble apprécier les projets de cette portée. Cela ne l’effraie aucunement. « Quand j’étais une enfant, je touchais à tout, courageuse, mes parents disaient que j’étais un garçon manqué. Je considère que nous devons être des leaders prêts à opérer de grands changements dans nos communautés. »

    Edith Kouassi a été notamment formée par la CGECI, le patronat Ivoirien sur le projet GERME de PRODIJE, projet d’incubation des jeunes entrepreneurs. Elle est certifiée par la Chaire UNESCO en gestion de projets de solidarité internationale et de développement durable. Elle a suivi le programme de « The Design Thinking Academy » du DLAB de l’Université de Californie grâce à la fondation ENTRAFRICA-ESP et bien d’autres formations en management d’entreprise et de la gestion des ressources humaines par Deloitte CI, Metis Academy et KPMG.

    Au quotidien, Edith Kouassi emploie sept personnes et collabore avec vingt journaliers. Avec son équipe, elle a mis en place un système de collecte qui leur permet de passer chaque quinze jours auprès des gérants de plages et des ménages pour récupérer les déchets plastiques. « Nous avons des points focaux dans certaines localités. Nous travaillons également avec des entreprises productrices de déchets plastiques qui mettent à notre disposition la matière première. » Son business model ?  

    Elle gagne de l’argent grâce à la vente de des produits finis de sa start-up :  les pavés, briquettes et broyats et poudrettes en caoutchouc, plastiques recyclés.

    Ecoplast Innov représente un impact qualitatif non négligeable dans le bien-être des populations ivoiriennes. La solution de cette start-up bénéficie aux ménages à faible revenu dans la mesure où ils sont subventionnés dans l’acquisition de toilettes. Elle contribue également à l’autonomisation des femmes grâce à un système de collectes et au tri des déchets qui nécessite une main d’œuvre importante. Ecoplast Innov a décidé d’inclure les femmes dans l’équipe-projet en les associant aux rencontres avec les chefferies et en tenant compte de leurs avis dans les prises de décision. En moyenne, avec sa solution, Edith Kouassi compte toucher plus de 9000 personnes pendant les trois années à venir. Soit 4000 bénéficiaires directs et 5000 bénéficiaires indirects.

    Mais tout changement, toute innovation comporte des résistances. Et Edith Kouassi demeure positive malgré tout. « Au début, ce n’était pas facile de faire la promotion de ce système de collecte et de tri de déchets, mais actuellement les populations ont réussi à comprendre et même à s’intégrer au projet. Malgré tout, mon entreprise rencontre toujours des difficultés en termes de logistique et de fourniture régulière en électricité. »

    Néanmoins, Ecoplast Innov a apporté et continue d’apporter beaucoup de joie à Edith Kouassi. En particulier, l’implantation de son usine, le dynamisme de son équipe et l’accompagnement de certains acteurs, ministères et institutions internationales. Elle collabore notamment avec des entités telles que UNILEVER Côte d’Ivoire, Capital Connect, l’Union Européenne, Young Water Solutions, Incub’Ivoir, l’Ambassade d’Israël et l’Ambassade des Pays-Bas.

    Aussi, Edith Kouassi travaille constamment à l’amélioration des services de sa start-up. Avec son équipe, elle travaille au développement d’une application mobile CITYZED qui, selon elle, représente la première application mobile ivoirienne dans le domaine des énergies renouvelables, permettant aux ménages et entreprises de suivre le processus de traitement jusqu’au produit fini de leurs déchets collectés, suivi d’un catalogue qui leur permet d’acheter via l’application.

    Ça bouillonne constamment de nouvelles idées dans l’esprit de la jeune entrepreneure Edith Kouassi. D’ici cinq ans, elle envisage de transformer plus de 6000 tonnes de déchets plastiques par an et produire annuellement environ 5000 tonnes de produits finis. Ça ne s’arrête pas là : elle veut couvrir le marché national, exploiter de nouveaux produits dérivés de l’utilisation des granulés et exporter son processus de recyclage dans la sous-région.