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    Siny Samba, fondatrice de l’entreprise Le Lionceau au Sénégal

    Dakar, cela fait 3 ans que je ne m’étais pas retrouvée dans cette ville que j’aime beaucoup. Comme à mon habitude, je fais une escale à l’une de mes adresses préférées : chez Lulu Home Interior & café. Je découvre avec plaisir leur épicerie et c’est ainsi que je tombe sur les produits Le Lionceau. Très vite, j’ai accroché au packaging, à la composition et j’ai souhaité en savoir un peu plus sur la marque bien que n’étant pas son cœur de cible aujourd’hui.

    Le Lionceau est une entreprise spécialisée dans l’alimentation et la nutrition infantile au Sénégal. Basée à Dakar, l’entreprise propose de savoureuses purées pour bébé entièrement préparées à partir d’ingrédients locaux, issus d’une agriculture saine et durable. C’est donc tout naturellement que j’ai contacté sa co-fondatrice et directrice générale Siny Samba pour un bel échange pour Instants Africains, suivez-moi.

    Siny a toujours été attirée par le secteur de l’alimentation dès son plus jeune âge. Elle est née et a grandi à Dakar. En 2012, après l’obtention de son BTS en industrie agro-alimentaire à Sainte Jeanne D’arc Post Bac, elle décide d’aller poursuivre ses études à Montpellier. Quatre années plus tard, elle est sortie ingénieur en agro-alimentaire de Montpellier Sup Agro. « J’ai toujours été intéressée par l’idée de savoir comment on fabrique les produits que l’on consomme : jus de fruits, pots de piments, purées de tomates, confitures… » dit-elle.

    Lors de sa dernière année d’études, elle est en alternance chez le leader de l’alimentation infantile en France : Blédina (Danone). Cette expérience lui permet alors de développer une expertise dans le domaine de la nutrition infantile.

    Troisième d’une fratrie de six enfants, inspirée de ses parents entrepreneurs, notamment sa mère qui fait de la transformation de jus locaux depuis sept ans. « Au début des années 2000, ma mère avait son petit commerce de tissus à Dakar au marché au HLM, puis elle a commencé à avoir des tailleurs qu’elle supervisait pour faire des tenues. Au début des années 2010, vers 2013, je pense, elle a décidé pleinement de se concentrer sur la transformation de fruits locaux en jus (tamarin, ditakh, bouye…) » raconte -t-elle.

    Au Sénégal, 19% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition et les parents manquent d’informations sur la nutrition infantile. D’ailleurs l’un des rêves de Siny Samba est que tout le monde ait connaissance de l’importance des 1000 premiers jours de l’enfant. En 2018, lorsque Siny a débuté son activité, sur le marché, il n’y avait que des produits importés. C’est pour cette raison qu’elle a décidé de renter et de créer son entreprise « Le Lionceau » en gardant à l’esprit que ce sont aussi des produits risqués car les bébés restent des consommateurs très sensibles.

    Ses débuts ?

    Elle nous raconte : « En rentrant en 2017, l’une de mes priorités était de créer mon réseau car en quittant le pays, je n’étais qu’une simple étudiante. J’étais consciente que cela serait un facteur qui pouvait me permettre de m’installer plus rapidement et surtout de prendre facilement mes marques. J’étais donc au cœur des événements où je pouvais être au contact de notre écosystème entrepreneurial. Ensuite, j’ai monté avec mon co-fondateur, Rémi Filastò une communauté de mamans afin de recueillir leurs avis sur notre projet d’entreprise, connaître leurs attentes dans l’objectif d’y répondre. C’était aussi important pour nous d’être en phase avec les habitudes de consommation locales. Par exemple, notre positionnement était les petits pots mais au Sénégal, on consomme beaucoup la farine infantile, on a donc réajusté notre offre en proposant également des céréales infantiles enrichies. Tous ces épisodes ont duré une année avec les tests produits, la présentation des prix aux clientes. On a très vite compris l’importance de la communauté pour construire notre entreprise. »

    En trois ans, l’entreprise a multiplié par trois son chiffre d’affaires, et est passée de deux recettes à une gamme de 17 références : purées, farines infantiles, biscuits. L’année dernière, ils étaient six à la même période, aujourd’hui ils sont une vingtaine. En 2018, la production était artisanale au sein d’une halle de technologie d’école agro-alimentaire et depuis deux ans, ils ont leurs propres locaux et prévoient de débuter la construction d’une usine en 2022.

    Le Lionceau, c’est 20.000 pots produits par mois et 30 tonnes de matières premières transformées mensuellement. Côté distribution, il existe un système d’abonnement en ligne, l’entreprise livre les pots directement auprès de ses clientes. C’est avec ses clientes que l’aventure à débuter dans les différents ateliers consommateurs. Les produits sont désormais vendus en supermarchés, stations-services, épiceries…

    Et les fameux challenges ? « A chaque point de la chaîne de valeur, on les retrouve. L’accessibilité aux matières premières de bonne qualité, en quantité, donc l’approvisionnement, le packaging, à date, nous commandons nos emballages en France ou en Italie. Nous devons constamment trouver la bonne offre qui allie la qualité et le prix et cela revient souvent à commander en gros et pour cela il faut avoir de la trésorerie. Le financement reste comme beaucoup d’entrepreneurs sénégalais un défi non négligeable. » Explique Siny.

    En discutant, avec elle, je me suis rendu compte de l’impact de son packaging dans son prix de revient. La chance que son entreprise, c’est le sourcing en local des matières premières. Siny peut ainsi avoir un prix de vente accessible voir moins cher que ceux de ses concurrents internationaux.

    De mieux en mieux installé au Sénégal, Le Lionceau souhaite s’implanter dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’ivoire soit via une franchise soit via de l’exportation. « Je souhaite que l’on garde aussi notre reason why ? celle de proposer des produits pour lutter contre la malnutrition infantile en milieu rural en collaboration avec certaines ONG et l’état du Sénégal. » ajoute-t-elle.

    À la fin, sur un ton humoristique, je lui ai demandé : vous imaginez-vous, vous faire racheter par votre premier employeur, Danone ? Sa réponse : « Tout est possible. A l’heure actuelle, on avance comme on peut dans l’entreprise avec nos propres moyens. Ce n’est pas une question qui est actuellement à l’ordre du jour ».

    Vivement la suite.