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    Amie Ouattara Kouamé, Ayana & Compagnie

    J’ai tellement de choses à écrire sur cette femme mais pour mon introduction, je la définirai à travers ces trois mots : passionnée, rêveuse et résiliente. Nous nous sommes connues sur les bancs du lycée Sainte Marie de Cocody à Abidjan en Côte d’Ivoire et depuis, nos chemins ne se sont plus séparés. Cette femme s’appelle Amie Ouattara Kouamé. Elle est entrepreneure dans la communication digitale et dans l’agro-alimentaire et c’est une maman heureuse. Pour elle, « à chaque jour suffit sa peine ». C’est d’ailleurs sa phrase fétiche.

    Il y a une vingtaine d’années, lorsque nous nous sommes rencontrées, j’ai tout de suite été séduite par sa force de caractère. « Je la tire de mon père qui est déjà un homme de caractère et qui m’a élevée – pas comme une « fille », mais plutôt comme un être humain, une personne qui devait se battre pour obtenir ce qu’elle voulait, travailler dur. Étant l’aînée, aussi prendre le lead de tout ce qu’elle fait. Mon énergie est très animée par ma passion, je fais les choses par passion même quand je suis fatiguée, j’ai toujours un tout petit peu d’énergie pour continuer. »

    Petite fille, Amie était déjà hyper active et elle l’est toujours d’ailleurs. Rêveuse, elle a été élevée par un idéaliste. « J’ai donc grandi en idéaliste, en pensant que je pouvais changer le monde. J’ai toujours aimé faire découvrir ce qui m’entoure, comprendre et apprendre. »

    Amie n’a pas encore réussi à changer le monde mais elle a changé son monde. Depuis 2011, elle a créé et dirige Ayana, le premier webzine féminin ivoirien qui a révolutionné la vie de nombreuses femmes d’Afrique francophone et de la diaspora. Ayana se décline en plusieurs plateformes, dont le site internet, le magazine papier, le mini-mag destiné aux abonnés de la chaine WhatsApp et d’autre services autour du média.

    Un média en ligne avant-gardiste pour l’époque en Côte d’Ivoire qu’elle a réussi à faire grandir à travers la création de l’entreprise AYANA & Compagnie en 2017.

    AYANA & Compagnie est spécialisée dans le conseil en communication digitale, la création de contenu et développe également des offres pour des clients qui souhaitent avoir des contenus spécifiques à leur marque. L’entreprise fait aussi de l’événementiel ; les événements annuels Superwoman et Ayana Beauty Days sont notamment des marques déposées de AYANA & Compagnie.

    Organisé depuis bientôt 10 ans, Superwoman, est l’événement de l’inspiration féminine qui lui tient véritablement à cœur. En effet, dans son parcours, elle a eu à rencontrer des femmes qui ont aussi eu à faire face à des choix de carrière dans des circonstances parfois difficiles. « Cet événement a changé des vies, des choix de carrière, des femmes qui ont témoigné de leur histoire et qui ont permis aux autres de s’affirmer et donc c’est très important pour moi de pérenniser cette rencontre annuelle. »

    Tout au long de ces années, Amie Ouattara Kouamé a glané de nombreuses récompenses, signes de la reconnaissance du monde des affaires et de la communication en général. Elle a reçu notamment le prix 35\35 de la francophonie pour la catégorie blog en 2017. En 2019,  le prix Entrepreneuriat et NTICs lors du forum All Africa Women Agenda. Elle a été parmi les cinq finalistes du Business Plan Academy de la CGECI, sélectionnés parmi 200 personnes. « Et ça c’est quelque chose qui m’a marquée surtout parce qu’on m’avait dit à plusieurs reprises « ton modèle économique est bizarre ». C’était un moment fort pour moi de me retrouver sur le podium avec un diplôme de finaliste.»

    Pour résumer son parcours, elle a commencé en tant qu’assistante de production en 2008, puis elle a travaillé pour le groupe VOODOO pendant 5 ans. En 2015, elle est passée chez CANAL+ en tant que digital manager pour la chaîne A+ ( première  à ce poste pour le groupe en Afrique). Puis en 2017,  elle décide d’être entrepreneure à plein temps et crée AYANA & Compagnie. En 2019, elle accepte un nouveau challenge : consultante en communication chez MAYELIA Logisitcs & Automotive (le challenger de la SICTA), pour le lancement de l’entreprise.

    © Jean-Marc André

    Aujourd’hui, elle dirige AYANA & Compagnie, et elle a lancé une marque de sauce condimentée qui s’appelle ALLOCO PIMENT.

    Amie est une entrepreneure en puissance qui ne se repose pas sur ses lauriers et qui est à la recherche constante d’amélioration. « Ça fait 10 ans que AYANA existe et on a travaillé pour se positionner comme un média de référence. C’est vrai que c’est un long chemin parcouru, mais je pense que nous pouvons faire plus ( je suis une éternelle insatisfaite). A ce stade, l’entreprise a besoin d’être accompagnée financièrement pour encore plus déployer ses ailes. Et on y travaille. »

    Sur fonds propres ! Pour financer le développement de AYANA & Compagnie, Amie l’a fait sur fonds propres. Principalement grâce au chiffre d’affaires généré par ses produits et services qui sert à créer et à financer d’autres projets dans le développement notamment. « Nous avons quand même eu cette année l’accompagnement, la confiance d’une entreprise de financement qui a assuré la production de notre magazine papier. Je crois vraiment que les banques ne sont pas encore adaptées au fonctionnement des jeunes entrepreneurs qui ont de petites entreprises surtout en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas que les banques, mais tout le système aussi qui n’est pas adapté. Je pense que c’est en plein mouvement, mais ce n’est pas évident.  Aussi, à titre personnel quand tu es un entrepreneur, la banque aussi est très frileuse à l’idée de t’accompagner dans tes projets de vie. Finalement, c’est assez frustrant ; parce que du côté professionnel, si ton entreprise n’est pas à 100 % dans les formats de la banque, ça ne passe pas.  Et du coté perso, il n’y a pas d’ d’offres adaptées aux jeunes entrepreneurs. Il faut soit s’adapter, soit se former, mais surtout apprendre le fonctionnement des banques, ce qui n’est pas évident pour la plupart des entrepreneurs. »

    Le leadership féminin a grandement impacté la carrière de Amie Ouattara Kouamé avec Ayana parce que selon elle, les jeunes filles ont besoin de s’identifier à des modèles. Ainsi, ce sont les femmes qui s’affirment et qui brisent les plafonds de verres qui l’ont vraiment motivée à créer ce média en ligne et à continuer même dans les moments difficiles.

    Pourtant, son équipe n’est pas totalement féminine. « On va commencer par les garçons qui sont au niveau de la comptabilité et de l’administration. Plus, un homme qui est aussi au niveau multimédia et tout ce qui est développement de projet multimédia. Ensuite, on a l’équipe féminine composée  de 5 personnes dont la responsable éditoriale , qui gère tout l’aspect média, et la directrice stratégie Antonia David, qui est chargée de développer cette partie de l’agence principalement. Et il y a moi qui m’occupe du commercial et de tout ce qui est business développement. »

    Pour les recrutements, elle se base sur les demandes spontanées et les CV qu’elle reçoit régulièrement. Le profil sélectionné passe un entretien avec la directrice stratégie, qui lui donne un cas pratique à produire. « On a vraiment besoin de prendre des personnes polyvalentes et autonomes. Donc elles passent cet entretien avec notre directrice,  si c’est bon, on recrute la personne. Tout dépend de notre budget et de nos besoins en termes de recrutement. »

    Des hauts et des bas. Des mouvements perpétuels en dents de scie. Le parcours d’un entrepreneur n’est jamais un long fleuve tranquille et ce n’est pas Amie qui dira le contraire. Ses difficultés principales s’articulent autour des ressources humaines. Elle a de grandes ambitions pour sa PME : la rendre extrêmement compétitive au niveau national et international. « Cela demande quand même des compétences qui soient parfois transversales et / ou senior. Ce qui est une denrée rare et / ou chère. »

    Amie a failli abandonner bon nombre de fois. L’idée lui trotte encore souvent dans la tête : « Je pense tout simplement que le confort du salaire est parfois vraiment meilleur que la liberté de l’entrepreneur. Mais avec l’énergie que la passion procure, il y a toujours un truc qui fait qu’on se lève et qu’on avance. Il y a des moments où on a besoin d’être soutenu, d’être un peu accompagné. C’est là qu’interviennent, mes mentors ou encore les proches. »

    © Numéris Studio

    Et de ce côté, Amie est très bien entourée. Son énergie, sa sincérité et son sourire communicateur, lui valent d’avoir un bloc d’amies et de femmes qui l’apprécient et la soutiennent. Et Amie s’inspirent également d’elles pour se motiver et avancer. « Il y a plusieurs jeunes femmes qui me passionnent dans leurs activités dont Shayden. C’est une artiste-chanteuse qui se bat pour faire parler d’arts et de musique. Elle se débrouille, on travaille ensemble et je l’accompagne dans son activité et elle apprend beaucoup. La communication et l’événementiel n’est pas forcément son métier de base. C’est vraiment une artiste talentueuse. »

    A travers son entreprise AYANA & Compagnie, Amie entretient également de très bonnes relations avec des ONG et des associations féminines selon les besoins et les circonstances. « Elles nous sollicitent pour amplifier leur communication. On a déjà travaillé avec SEPHIS, l’association de Sephora Kodjo, qui œuvre pour la promotion du leadership des jeunes filles. On travaille également avec la Ligue surtout pour les appels à dons… Nous sommes vraiment ouverts à toute collaboration qui accompagne, aide et soutienne les femmes. »

    Amie est une battante, une guerrière toujours en mouvement et qui a parfois appris à ses dépens, que le corps et l’esprit avaient besoin de faire des pauses afin de ne pas craquer. Le burn-out, elle l’a souvent frôlé… Avec ses nombreuses activités et tout ce qu’elle peut recevoir comme chocs émotionnels dans la vie d’une femme, Amie s’assure d’avoir un entourage stable et des habitudes de vie saine afin d’apporter de l’équilibre à sa santé mentale. Elle se fait accompagner quand c’est nécessaire par un psychologue qui l’aide quand ça commence à être un peu compliqué pour elle d’évacuer ses émotions. « Elle me donne des outils. Il y a la prière, la méditation et le silence. Faire un break, tout couper me permet aussi de pouvoir me concentrer sur moi-même, les voyages, regarder des films sur Netflix et prendre un verre avec mes copines. Je n’oublie pas ma famille qui est mon essentiel et mon refuge. Mes enfants, mes parents, mes frères et mon conjoint représentent ma bouffée d’oxygène. Sans eux, je ne sais pas ce que je suis. »

    L’arrivée de la pandémie de la Covid-19 en 2020 et les mesures sanitaires qui ont suivi juste après, ont freiné les activités de son entreprise de communication AYANA & Compagnie : moins de projets, ralentissements ou annulation des actions prévues, fermetures partielles de certaines entreprises, etc. Amie, en bonne serial entrepreneur, a dû s’adapter et n’a pas du tout chômé pendant cette période, donnant ainsi naissance à un autre “bébé”. Apporter une solution à un problème et en faire une idée de business : c’est ainsi que ALLOCO PIMENT est né. « Le déclic s’est produit pendant le confinement. Je me suis retrouvée en train d’angoisser et quand j’angoisse, je cuisine. J’ai cuisiné un peu plus que prévu et du coup, j’ai mis mes produits en pot et je les ai postés et partagés sur mes réseaux sociaux. Mes amis et les personnes qui me suivent les ont achetés» Finalement, la magie des réseaux sociaux a fait d’ALLOCO PIMENT une marque qui se développe petit à petit et qui est distribuée en Côte d’Ivoire, au Niger, aux Etats-Unis et en France via différents distributeurs. Elle prévoit d’étendre son réseau aux grandes surfaces et à d’autres pays. « Mes projets à moyens termes, c’est surtout de terminer l’année sans grand dégâts malgré la présence de la Covid-19…”