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    Lire, lire et lire avec Winela Bayebec, fondatrice de Griot Bookshop

    Je suis toujours fascinée par ceux qui choisissent d’entreprendre dans la culture sur notre continent, encore plus quand c’est au Cameroun. Aujourd’hui, je souhaite vous parler de Griot Bookshop, une librairie en ligne où on peut acheter des livres d’auteurs africains ou de la diaspora tels que « L’autre moitié du soleil » de Chimamanda Ngozi Adichie ou encore « Celles qui attendent » de Fatou Diome. « Notre objectif est de remotiver la jeunesse africaine à lire et surtout de lui faire découvrir la nouvelle génération d’auteurs du continent », Winela Bayebec, fondatrice de Griot Bookshop. A Douala comme au Cameroun, les occasions de parler de littérature sont relativement rares et la possibilité de se procurer des livres, aussi. À Douala et Yaoundé on ne compte qu’environ 5 librairies phares hors celles qui vendent des manuels scolaires : Peuples Noirs, Matila, la FNAC, l’Harmattan ou encore Afredit. Le reste du temps, il faut compter sur les marchands de livres ambulants. Si on prend la FNAC qui est peut-être celle qui a la plus grande visibilité à Douala, son offre reste encore limitée sur les ouvrages d’artistes africains ou Camerounais. On aura plus de facilité à trouver un ouvrage de Guillaume Musso que de la romancière Aminata Aidara.

    J’ai souhaité savoir ce qui a motivé la fondatrice Winela Bayebec à se lancer dans cette aventure. C’est d’autant plus étonnant car elle est ingénieure mécanique de formation. Un diplôme qu’elle a obtenu à la très réputée Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé en 2012. Sa réponse : « Tout d’abord, il faut savoir qu’enfant, mon père m’achetait des livres et comme beaucoup d’adolescents, j’ai eu ma période arlequin. Ensuite, j’ai arrêté la lecture car je ne savais plus quoi lire. C’était la période où on ne trouvait que des ouvrages sur le développement personnel. Ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait. Les années sont passées jusqu’au jour où une amie m’a offert le livre « Voici venir les rêveurs » d’Imbolo Mbue. J’étais surprise d’apprendre qu’elle était originaire du Cameroun. À cette époque, on parlait beaucoup de Chimamanda Ngozi. Je me suis demandée combien d’autres auteurs camerounais ou africains étaient inconnus de ma génération. Je me suis reconnue dans ce livre d’Imbolo Mbue et après l’avoir lu, j’ai souhaité échanger avec d’autres personnes qui l’avaient lu. J’ai observé notre écosystème et j’ai constaté qu’il manquait des clubs de lecture et des librairies qui vendent d’autres ouvrages que ceux sur la colonisation mais où on peut trouver des auteurs dont les textes nous ressemblent. Voici comment l’aventure est née il y a bientôt un an. Nous avons débuté en lançant une box et très vite elle a été épuisée. Dans un second temps, nous avons mis en place la librairie en ligne. » 

    Winela travaille avec ses frères et sœurs sur la communication, le commercial et la logistique. Près d’une année après le lancement des activités, l’équipe de Griot Bookshop a remarqué qu’il y avait un intérêt pour la lecture au Cameroun et même dans la sous-région où ils livrent, au Gabon par exemple. Cependant la question du coût revient encore et toujours. “Les livres que l’on fait venir de France ne sont pas toujours accessibles à tous. Du coup, notre volonté de démocratiser la lecture est un peu challengée car nos clients ont plus un profil de cadres dynamiques. Pour toucher plus de monde, nous devons nous appuyer sur les maisons d’édition locales, sauf que celles-ci ont souvent des ouvrages dont l’édition et les finitions ne sont pas aboutis. Cela les rend peu attractives face à nos clients.  Il faudrait que les maisons d’édition africaines aient des droits en local sur des livres qui sont demandés. Cela nous permettrait d’être accessible à tous”, explique Winela.

    Et la next step ?

    L’ouverture d’un salon de café littéraire à Douala et pourquoi pas Yaounde aussi, avec de beaux rendez-vous autour de la littérature, de l’art ou encore de la musique. “Je visualise un espace où les gens pourront lire des livres, les emprunter et échanger autour de ceux-ci ”, ajoute-t-elle.