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    Interview de Marina Niava, fondatrice de Froject, la première agence de scénaristes en Côte d’Ivoire

    Pouvez-vous vous présenter ?

    Je suis Marina Niava Sangowawa, cinéaste, écrivain et entrepreneure. Je suis une ivoirienne de 35 ans, créative, loyale et amoureuse de notre magnifique continent. Diplômée en Journalisme et Production audiovisuelle, j’ai eu la chance d’entamer ma carrière à Radio JAM, qui a fait de moi la plus jeune Rédactrice-en-Chef d’un média en Côte d’Ivoire en 2008 (j’avais 23 ans). Cependant, passionnée de cinéma, j’ai tenu à me perfectionner dans ce domaine spécifique. 

    Après des études en Motion Pictures en Californie, je suis rentrée au pays et j’ai travaillé pour un important distributeur de contenu audiovisuel. J’ai également collaboré à l’écriture et à la réalisation de plusieurs séries TV et productions africaines. Aujourd’hui, je poursuis ma carrière de réalisatrice indépendante mais ai également choisi de me lancer en tant qu’entrepreneure en créant Froject Writers Agency.

    Qu’est-ce que l’agence Froject ?

    Froject est une agence de scénaristes et de brand content. Nous sommes la première agence en Afrique francophone qui se consacre à la conception et à l’écriture de contenu audiovisuel et cinématographique. Nous regroupons à ce jour neuf scénaristes de la Côte d’Ivoire et du Cameroun et nous comptons bien agrandir notre équipe créative dans les mois à venir. On vient d’ailleurs de fêter nos 2 ans d’existence.

    D’où est venu le déclic pour la création de l’agence ?

    Pour faire un film, une série, même une téléréalité, la base est le scénario. Sans un scénario de qualité, le film ne sera pas bon, quelle que soit la qualité de la caméra que vous utilisez. Le cinéma et la fiction audiovisuelle d’Afrique francophone connaissent un bouillonnement ces dernières années et pour que cet essor s’inscrive dans la durée, il faut des scénarios bien écrits et captivants. C’est primordial !

    Je voulais me lancer, créer mon entreprise. Le plus évident était de créer une structure de production et je me suis dit : ai-je vraiment envie de me lancer dans une course onéreuse aux équipements de pointe ? Ai-je vraiment envie de faire ce qui existe déjà ? La réponse était non. Je voulais apporter quelque chose d’innovant. Je crois fermement en la fédération des talents et chaque jour me montre que j’ai fait le bon choix.

    Quels problèmes pensez-vous résoudre avec cette agence ?

    J’aime cette question. D’abord l’agence permet aux producteurs de trouver plus facilement des scénaristes compétents pour leurs projets, d’avoir du travail plus professionnel. Fini le scénariste qui « rentre au brousse » etc., avec Froject vous avez un cadre.

    L’Agence accompagne également le scénariste dans la signature de ses contrats et dans la protection de sa propriété intellectuelle. Nous nous assurons que le scénariste soit rémunéré de façon ponctuelle et valorisante. Enfin, nous mettons l’accent sur le renforcement de capacités des auteurs. A terme, nous lancerons un programme de formation en écriture scénaristique.

    Quel regard portez-vous sur le cinéma ivoirien ?

    Aussi vague que puisse être cette question, je m’efforcerai d’y répondre. 

    Notre domaine connaît un bouillonnement mais pas encore un boum. Le cinéma à proprement parler ne fait que balbutier même si nous avons des pépites qui font notre fierté comme « La nuit des rois » de Philippe Lacôte ou encore « Jusqu’au bout » de Hyacinthe Hounsou. Il nous faut plus de long-métrages ! La série télé, par contre est en plein essor mais pour que les producteurs et tous les acteurs de la chaîne de valeur puissent tirer leur épingle du jeu, nous devons nous unir pour d’une part développer des coproductions et d’autre part mieux vendre les contenus.

    Bon, je pense que ça c’est un propos pour les professionnels du domaine. Pour le cinéphile ivoirien, je dirais simplement que nous avons une créativité incroyable en Côte d’Ivoire et que bientôt, avec Froject, toute cette créativité inondera nos écrans, du plus petit au plus grand. Le public aussi doit être au rendez-vous pour soutenir les productions locales.