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    Sefora Kodjo, activiste ivoirienne pour le leadership des femmes africaines et fondatrice de la Fondation SEPHIS

    Lorsque j’entends son nom ou que je lis son nom quelque part, je sais à coup sûr qu’on parlera de leadership et d’autonomisation de la femme. C’est indéniable. Cette femme a réussi à développer au fil des années, un excellent personal branding et une réputation solide autour des deux mots-clés que je viens de citer. Nos chemins se sont croisés cinq ans plus tôt et depuis lors, j’ai la chance de suivre la trajectoire ascendante de son parcours impressionnant et sans fautes. A chaque fois qu’on se voit, je ne manque pas de lui dire que je la verrai bien devenir un jour, ministre de la femme dans notre pays… Et on en rit en chaque fois, car je sais qu’elle n’a pas besoin de ce genre de titre pour impacter durablement sa communauté. Elle vise beaucoup mieux.

     Elle, c’est Sefora Kodjo épouse Kouassi et c’est la Présidente du Conseil d’Administration de la Fondation SEPHIS. C’est une organisation ivoirienne qui existe depuis 2009 et qui promeut l’amélioration des conditions de vie et l’octroi de plus de pouvoir à des personnes jugées minoritaires, notamment les filles et les femmes, pour agir sur les conditions sociales et économiques qui sont les leurs. Basée en Côte d’Ivoire, cette Fondation travaille activement pour l’éducation des filles et la formation des jeunes en particulier des jeunes femmes en leadership pour leur autonomisation. “Je crois que le leadership est avant tout, un état d’esprit ; la façon dont nous nous percevons sur le plan personnel et la façon dont nous percevons notre place et notre rôle au sein de la communauté. C’est ce que nous enseignons aux femmes : la confiance en soi, la conscience d’elles-mêmes, de leurs capacités et l’assurance de ce qu’elles peuvent apporter à leurs communautés.”, affirme-t-elle.

    Croyante, déterminée, rigoureuse et surtout très féminine dans son style vestimentaire et jusqu’au bout des ongles. Je dirai même une véritable icône de la mode à chacune de ses sorties officielles…C’est ainsi que je définirai Sefora Kodjo. Et pourtant, toute petite, elle se considérait plus comme un garçon qu’une fille. Elle avait déjà un caractère bien affirmé car très active et pleine d’énergie. 

    Au fil des années, elle s’est finalement beaucoup féminisée et aujourd’hui elle se sent autant à son aise dans des paires de baskets que sur des hauts talons.

    Mais revenons à son parcours d’activiste pour la promotion de l’autonomisation des femmes africaines. Tout a démarré par des dons qu’elle faisait avec sa mère. Ensemble, elle faisait beaucoup de social en famille (des dons, etc.). Elle se rend à Yopougon (quartier de la commune d’Abidjan) pour faire des dons chez une dame du nom de Maman Dorcas qui recueillait des orphelins. Il y avait une adolescente ce jour-là qui après la remise des kits, s’est mise à pleurer. Elle était malheureuse. Lorsque Sefora Kodjo lui en demande la raison, elle lui déclare qu’elle aurait « aimé être à sa place ». Elle disait avoir fait des sacrifices comme abandonner ses études pour s’occuper de ses petits frères « les autres orphelins » afin de leur donner un maximum de chances de réussir. Sa seule ambition était qu’ils se souviennent d’elle plus tard et l’aident à obtenir son autonomisation.

    Sefora Kodjo est alors profondément touchée par la façon dont les femmes en général portent les problèmes de leurs communautés. En sortant de la maison de cette jeune fille, elle s’interroge sur le nombre d’autres jeunes dans ce quartier qui vivent ce genre de situations. A ce moment précis, Sefora Kodjo pense à toutes les filles de son âge qui n’avaient pas d’ambitions à cause de leurs situations sociales, de la pauvreté etc. “J’ai ressenti une forte envie de réunir ces filles, de leur parler, et de leur dire qu’il y a de l’espoir pour elles si elles décident d’avancer malgré tout. Ce fut également la même année où j’ai été élue Présidente du bureau des étudiants de mon université. Une université où il n’y avait jamais eu de femme Présidente.” C’est la somme de tous ces événements qui créent le déclic en elle et lui insuffle une grande envie de faire bouger les lignes pour que des filles continuent d’aller à l’école, pour que des jeunes femmes aient de l’ambition et l’estime d’elles-mêmes et pour que des femmes aient accès aux tables de décisions.

    Depuis lors, Sefora Kodjo a fait du service auprès des jeunes femmes un véritable sacerdoce. Elle y met corps et âme. Et elle a surtout des bases très solides.

    Diplômée d’un Master en Études de Développement et d’un Bachelor en Business Administration, Sefora Kodjo a exercé quelques années au sein de l’Administration publique de Côte d’Ivoire, en tant que Chargée d’Études au Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes puis en tant que Directrice au Ministère de la Communication et des Médias. Elle a donné sa démission en 2019 pour se consacrer à son organisation « La Fondation SEPHIS » qu’elle administrait parallèlement pendant toutes plusieurs années.

    En outre, après avoir été formée en 2018 par le Cligendeal Institute au Pays-Bas en « Mediation and Negotiation for Conflict resolution », elle a été accréditée Médiatrice de Paix par l’Union Africaine dans le programme « FEMWISE ». Sefora Kodjo est également une ancienne boursière du programme Américain, Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders (YALI) et du programme Africa leaders de la Fondation OBAMA. Elle d’ailleurs marquée de son empreinte, son passage à ce programme lors de sa rencontre avec l’ancien président américain, Barack Obama, qui – en l’honneur de la Journée Internationale Des Droits De La Femme, l’a félicité pour son travail en l’honneur des femmes africaines. C’était à travers un tweet qui fut énormément relayé et commenté. “J’ai rencontré le Président Obama à deux reprises au cours d’échanges de hauts-niveaux avec de jeunes leaders du continent africain. Il nous a principalement sensibilisés sur notre rôle et notre participation dans les processus de développement de nos pays. Il a touché un point important : beaucoup de jeunes ont peur de s’engager à un niveau plus élevé que ce soit dans la société civile ou dans l’administration, pour des raisons de maintien de leur équilibre ou de leur sécurité. Son expérience sur le sujet a été très inspirante. Personnellement, ce que j’ai retenu, c’est la nécessité de bien faire son travail et de contribuer efficacement dans les secteurs qui sont les nôtres. Pendant ce sommet présidentiel à Washington, je me suis dit intérieurement ceci : « Je veux le faire quand je rentrerais à Abidjan…un sommet, un fellowship, avec et pour les jeunesw. Une fois rentrée, avec ma modeste équipe, nous l’avons fait. Quand je me revois sur le podium accompagnée d’une cinquantaine de jeunes volontaires qui ont permis qu’on réalise tout ça, je ressens une très grande joie. Chaque année, je revis ces émotions au travers de nos programmes. »

    Elle a bénéficié à deux reprises de bourses d’études grâce aux programmes initiés par le Président Obama. Elle a d’abord étudié à New-York aux Etats-Unis, puis à Johannesburg en Afrique du Sud. Toute cette expérience a consolidé sa vision et son travail pour pousser l’agenda féminin dans son pays, la Côte d’Ivoire. Elle garde d’ailleurs d’excellentes relations avec la Fondation OBAMA. Depuis 2018, elle est membre pionnière et active du caucus jeunesse du « African Women Leaders Network » (AWLN), initié par ONU FEMMES et l’Union Africaine.

    La Fondation SEPHIS est composée d’une équipe de 12 personnes, dont quatre hommes et huit femmes, et ses nombreuses activités se résument en quatre programmes clés :

    SEPHIS TOUR POUR L’ÉDUCATION ET L’EXCELLENCE DES FILLES

    Mis en œuvre avec l’appui de l’UNICEF, c’est une campagne nationale d’éducation lancée par la Fondation SEPHIS en Côte d’Ivoire. Le programme cible les jeunes filles de 12 à 22 ans. Elles sont formées sur le Leadership, les droits des femmes, l’égalité des sexes, à travers des conférences et des ateliers. L’objectif principal est de promouvoir l’éducation des filles et de renforcer leur représentation dans les STEMS. Le SEPHIS TOUR a remporté en 2017, le prix Transparency Small Grant pour les anciens boursiers américains YALI.

    THE AFRICAN WOMEN OF THE FUTURE (AWF)

    Un prestigieux programme de Leadership et de Mentorat qui accompagne chaque année 36 jeunes femmes entrepreneurs dans le développement de leurs activités. Le programme repose essentiellement sur une formation intensive de six semaines animées par des experts. AWF est une initiative de la Fondation SEPHIS, mise en œuvre avec l’appui de la Coopération Allemande à travers la GIZ et son programme pour l’Emploi et la Promotion des PME : Invest for Jobs. En 2018, le programme AWF a été reconnu par l’Union Africaine comme l’une des 50 meilleures initiatives en matière d’éducation sur le continent Africain.

    LE FORUM INTERNATIONAL DU LEADERSHIP FÉMININ (FILF)

    Une plate-forme exceptionnelle de réseautage et de création d’opportunités qui, chaque année, accueille plus de 1000 participant-es. Le forum réunit des décideurs nationaux et internationaux en vue d’accélérer l’impact du leadership des femmes et leur autonomisation. L’objectif du FILF est d’apporter des connaissances et des solutions concrètes à des jeunes femmes d’Afrique, porteuses de projets innovants ou en situation professionnelle par la mise en relation et l’incitation à un engagement pour l’impact positif de la société.

    SEPHIS VOLONTAIRES

    Un programme de bénévolat de trois mois qui engage des jeunes bénévoles sur des actions communautaires, pour un impact positif. Il comprend les activités suivantes : formation en leadership, prise de parole en public, service communautaire (activités de bénévolat sur le terrain, pour soutenir l’agenda SEPHIS) et cérémonie de remise des diplômes.

    Le Prix de l’Innovation des Femmes Entrepreneures « PIFE »

    Un autre programme d’accompagnement technique et pratique de jeunes femmes porteuses de projets innovants, économiquement viables et dont l’impact sociétal est significatif. Ces jeunes filles sont sélectionnées suivant un processus rigoureux et compétitif au sein du programme de leadership et de mentorat pour la jeune femme : African Women of the Future Fellowship (AWF) appuyé par le programme Invest for Jobs de la GIZ.

    Le programme « Peace-Heart / Peace-Home »

    La Fondation SEPHIS, en partenariat avec la Fondation Américaine OSIWA, met en œuvre en Côte d’Ivoire, le programme dénommé « Peace Heart -Peace Home » dont l’objet principal est de renforcer les capacités des agents de la Police Nationale en vue de soutenir les efforts dans la prise en charge des victimes de Violence Basées sur le Genre (VBG), de sensibiliser et d’encourager l’opinion publique à la dénonciation systématique de toutes sortes de violences liées au genre.

    Au vu de tout ceci, je suis convaincue que la Fondation de Sefora Kodjo devrait être reconnue d’utilité publique par l’État de Côte d’Ivoire… Mais ça c’est une autre histoire.

    Cette jeune dame accomplit un travail social de titan et c’est un euphémisme de le dire. On la comprendrait aisément si à un moment donné de son parcours, elle envisageait abandonner. Mais la résignation ne fait pas partie du vocabulaire de Sefora. Elle a beaucoup d’ambition et une détermination sans faille. “Je pense que les difficultés font partie du parcours. Croire quil n’y en aura pas, cest déjà être prêt à échouer. Dans sa formule quotidienne de réussite, il faut intégrer les difficultés. Comme tout le monde, mes difficultés peuvent être passagères ou quotidiennes.” Selon elle, le cadre relationnel compte pour beaucoup dans l’éclosion des ambitions dans la vie. Son credo : Si votre environnement relationnel n’est pas animé par de grandes ambitions autour de vous, vos ambitions personnelles se meurent. Cela fut son cas et il lui a fallu avoir du courage pour se détacher de cet environnement qui ne lui était pas favorable pour le développement de son plein potentiel. « Je suis très reconnaissante davoir lopportunité de pouvoir vivre de ma passion. Je considère cela comme une véritable grâce. »

    Sefora Kodjo sait également interagir avec son écosystème solidaire au travers des bonnes relations qu’elle entretient avec les autres associations et ONG féminines. Je me reconnais dans ces personnes qui croient en la chaîne de la solidarité. Dans ses programmes comme « SEPHIS TOUR » et « AWF », elle fait intervenir d’autres leaders de la société civile ou des leaders qui se distinguent dans ce qu’ils font. Ils agissent au titre de Mentors, de Panélistes, de Formateurs etc. “Nous ne travaillons pas seul, c’est avec ces personnes et cette solidarité que nous mettons en œuvre nos programmes. En retour, je prends plaisir à soutenir et participer aux activités des organisations de la société civile. Ma plus grande joie, cest de réaliser que « J’y arrive », que mon travail finit par impacter positivement. Ma plus grande joie, cest aussi de voir les femmes qui viennent participer à nos programmes et qui repartent complétement transformées.”

    Et toutes ces rencontres demandent énormément de temps et d’énergie. Parmi les difficultés auxquelles fait face cette superwoman, il y a le manque de temps.

    Celui-ci est principalement réparti entre son travail et sa vie de famille. Pour ce qui est de son travail, elle se doit de suivre et de faciliter la mise en œuvre des programmes de la Fondation qui font partie de ses priorités et cela peut mobiliser énormément de temps. De plus, elle reçoit beaucoup de sollicitations de femmes qui veulent être formées, qui ont besoin de conseils ou d’orientations non pas avec l’organisation SEPHIS mais avec elle personnellement. “Je suis très challengée parce que parfois le temps ne permet pas de répondre à toutes ces sollicitations personnelles.”  Il lui faut quand même ménager du temps pour sa famille, ses enfants et son mari.

    La famille occupe la place la plus importante dans sa vie. “Jai épousé mon ami, un partenaire de vie et jusque-là, les choses se passent bien. Comme toutes les familles, nous avons des arrangements sur notre organisation par rapport à nos contraintes professionnelles et à l’encadrement des enfants. Je m’épanouis dans mon travail parce que je m’épanouie dans ma vie personnelle. Nous nous comprenons et nous nous soutenons mutuellement dans nos rêves et notre travail. Cela nous motive à aller chacun de l’avant.” J’ai demandé à Sefora Kodjo si elle se voyait un jour servir son pays à une plus grande échelle, en devenant ministre, député ou présidente de la république. Voici sa réponse : “Il est vrai que parfois, les grands changements viennent de plus grandes tables, là où les décisions sont les plus importantes. Pour ma part, je pense que le poste que joccupe au sein de SEPHIS a du sens et de l’impact. Jai la chance de diriger le Conseil dAdministration de cette organisation et en termes dimpact, nous arrivons à atteindre nos objectifs et nos indicateurs. Je considère qu’à travers mon travail je sers déjà mon pays.”

    Ses projets à moyen et à long terme sont identiques à ceux qu’elle avait quelques années plus tôt : développer durablement la Fondation SEPHIS en augmentant le nombre de bénéficiaires de ses programmes et pouvoir créer de plus grandes opportunités pour les femmes à travers ces programmes. Elle aimerait aussi consolider des partenariats avec d’autres organisations, organismes et institutions, pour toujours renforcer la qualité de ses programmes et la formation des femmes africaines.