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Maïmouna Koné, fondatrice de Dynexafrica

« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir »
Fognon Maimouna Koné ne vit que par cette parole des Saintes Écritures. 29 ans et entrepreneuse sociale, elle a réussi à développer DYNEXAFRICA (Dynamiques et Excellentes d’Afrique),  un ambitieux programme de formation aux STEM (Science-Technology-Engineer-Mathematic) au profit des collégiennes et lycéennes de Côte d’Ivoire.

Cette organisation – qu’elle a créé depuis 2018 – a pour objectifs principaux : la culture de l’excellence féminine en milieu scolaire, l’encouragement et l’initiation des filles à la prise de conscience de l’importance des études. Son effectif est composé de 27 jeunes filles âgées de 11 à 18 ans. Elles sont formées chaque trimestre aux modules suivants : Informatique (soft et hardware, outil de productivité), robotique (assemblage et programmation), drone (design, assemblage, pilotage, électronique, électricité, mécanique) et code. Les formations – délivrées par une dizaine de bénévoles – ont lieu les mercredi après-midi dans la commune d’Abobo, quartier populaire de la ville d’Abidjan. L’ONG Dynexafrica survit grâce à ses fonds propres et aux dons. Les difficultés qu’elle rencontre sont diverses : l’incompréhension de la technologie par certains décideurs, l’absence de promotion des talents et l’accès au financement. Maïmouna Koné raconte : « Les gens me disent souvent : tu as beaucoup d’argent, n’as-tu rien d’important à faire ? Est-ce que la robotique nourrit son homme ? Tu es né dans le mauvais pays…C’est dure d’entendre ce genre de réflexions qui viennent parfois de personnes diplômées. Mais ce n’est que la réalité. Les gens préfèrent investir dans le divertissement et dans la formation. »

De plus, Dynexafrica n’a pas la possibilité d’étendre ses formations régulièrement dans d’autres communes. « Certaines de nos filles du lycée municipal de Koumassi viennent donc travailler avec nous à Abobo.», avoue Maïmouna.

Malgré toutes ces contraintes, l’année dernière, elle a réussi l’exploit d’organiser une tournée de formations dans quatre villes du nord de la Côte d’Ivoire : M’bengué, Dikodougou, Sinématiali et Korhogo. « Et dans la période d’Avril 2020, nous serons dans quatre villes de la région de l’ouest du pays : Zouan-Hounien, Danané, Biankouma et Man.»

Parmi ses partenaires, elle peut compter sur le soutien de Microsoft, Learning for all, Simplon Côte d’Ivoire, AIESEC, We Fly Agri et Borakid.
« Le programme Dynexafrica vient en soutien aux systèmes éducatifs déjà en place dans les lycées des quartiers populaires et des zones rurales de la Côte d’Ivoire. Car nous voulons favoriser le rayonnement nécessaire à la jeune fille, sur la base de l’excellence et d’une occupation saine ; Susciter chez les jeunes filles un fort intérêt pour les STEM ; Créer un système de e-mentoring et renforcer leurs capacités linguistiques (Français et Anglais) afin de les rendre compétitives. C’est dans cette optique que nous encadrons les filles du lycée moderne I d’Abobo. », affirme-t-elle pleine de conviction.

Celle dont le visage s’illumine d’un grand sourire lorsqu’elle est en présence de ses jeunes filles, replonge régulièrement dans son enfance grâce aux activités de son ONG Dynexafrica. Elle est restée égale à elle-même car pendant cette période, elle a toujours été une petite fille joviale, curieuse, travailleuse et très rêveuse. En grandissant, sa personnalité lumineuse s’est enrichie grâce à son altruisme, sa jovialité et sa ténacité. Un cocktail consistant qui a certainement eu un impact sur son parcours. En effet, après l’obtention de son Bac A2 au lycée jeunes filles de Bingerville et de sa licence en Droit Privé à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest à Abidjan (UCAO), Maïmouna débute sa carrière professionnelle dans une radio de la capitale abidjanaise. Elle travaille ensuite pendant quatre années dans la production audiovisuelle. Mais depuis 2018, elle se consacre exclusivement à son activité d’entrepreneure sociale.

« La promotion de la technologie auprès des jeunes filles africaines me tient à cœur parce que pour moi le développement durable et inclusif de l’Afrique technologie va reposer sur la compétence et la compétitivité de nos futures championnes. C’est important parce que pour moi chacune d’entre nous doit avoir les mêmes chances de réussite afin d’avoir une place de choix dans la dynamique évolutive de la technologie. C’est important pour l’Afrique dans le sens où la question est bien plus importante que de savoir qui a le plus de ressources naturelles, mais qui a les dernières solutions tech, le meilleur système de sécurité informatique, les solutions de mobilité enfin de ville intelligente pour cela il faut préparer par la formation. », ajoute-t-elle.

Grâce à sa détermination et à son activisme, Maïmouna Koné a su garantir à son programme, un niveau d’abandon presqu’inexistant : environ 1%. « J’ai le sentiment que j’apporte quelque chose à ma communauté : Je me sens utile ; je ne vis pas ; j’existe. »

Dans une optique de solidarité féminine et surtout de transfert générationnel, Maïmouna a pu réunir autour des jeunes filles du programme Dynexafrica, des marraines évoluant dans différents secteurs d’activités, pour les accompagner dans le renforcement de leur leadership, leur savoir-être et de leur soft skills. Il est important pour Maïmouna d’inclure d’autres femmes dans ce projet afin d’avoir un impact plus grand. « Ce concept consiste justement à donner une place importante et à engager chacune d’entre nous dans le processus de construction de ce pipeline de jeunes filles passionnées de technologie. De plus, je pense que nos marraines sont des femmes qui veulent transmettre. Elles apportent beaucoup par leur conseils basés sur leurs expériences, le coaching tant pour moi que les filles, du réseautage et un appui matériel. Parmi nos marraines, nous comptons Sandrine ROLAND, Edith BROU, Karidjata DIALLO, Ramatou LY et Dominique MOBIO-EZOUA entre autres. »

Ce programme de mentorat est une volonté chère au cœur de Maïmouna car elle-même inspirée par le charisme de deux femmes : sa sœur aînée et Michelle Obama « Ma sœur ainée parce que c’est quelqu’un qui a sacrifié une partie de sa vie pour que nous ayons accès à une bonne éducation. Elle nous a enseigné les principes de vies les plus importants. Et Michelle Obama car c’est pour moi, l’image représentant le mieux la femme forte, engagée et ambitieuse que je travaille à être. »

Des mentors qui peuvent être ravies car elles ont pu vivre l’une des plus belles expériences de Dynexafrica depuis sa création. « C’est le jour où les filles ont remporté le concours de robotique organisé par l’Ambassade des États-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire. On a fait tellement de chemin, tellement de sacrifices…C’était mérité. Nous sommes fières, surtout pour les autres filles a qui nous avons passé ce message : vous le pouvez, si nous l’avons fait. », dit-elle avec émotion.

Pendant le programme Dynexafrica, les lycéennes sont soumises à des évaluations, mais la plus importante, demeure la réalisation du projet de fin formation.

Après le lycée, elles peuvent – si elles le souhaitent – continuer le programme mais avec une approche différente. A cette étape, le suivi des jeunes filles se focalise sur l’encadrement de leur choix de filières, un mentorat et du réseautage de haut-niveau afin de les garder dans un cercle sain et dynamique pour elles. « Nous aurons notre première promotion de bachelière lors de la fin d’année scolaire 2020. »

Maïmouna Koné peut être fière de ses filles du programme Dynexafrica, qui se distinguent régulièrement par la qualité de leur travail, fruit de leur passion sans faille pour toute cette formation. « Les filles, c’est incroyable comme elles me rende heureuse et m’aide à être une version améliorée de moi-même tout le temps. Je suis particulièrement fascinée par la personnalité de Samira Tuo. Elle a 11 ans seulement et c’est notre cheffe de classe au sein du groupe. Elle a une incroyable confiance en elle et un sens inné du leadership. Elle a décidé d’évaluer les filles qui souhaitent intégrer le programme. C’est elle-même qui compose les tests, détermine la note qu’il faut pour être retenue. Lors de l’Africa Cyber Security Conference en 2019, je l’ai présenté à quelqu’un et j’ai dit : elle s’appelle Samira ; elle a 10 ans. Elle m’a tiré sur le côté et m’a dit à l’oreille : Madame, je n’ai plus 10 ans mais 11 ans. Elle y tenait. J’ai donc repris la présentation. », conclut-elle avec un brin d’humour.

Maïmouna Koné voit grand pour la suite : elle veut mettre en place deux laboratoires de formation de proximité à Abobo et Koumassi ; organiser des Dynexafrica STEM Tour dans trois régions de la Côte d’Ivoire et enfin, avoir plus de partenaires pour un impact plus grand.

Et je sais qu’elle y parviendra car à l’impossible, nul n’est tenu.