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Mabré Cissé, la
« Maya l’abeille » ivoirienne

Elle s’est tellement fait piquer par des abeilles qu’elle ne compte plus désormais. Elle, c’est Mabré Cissé, 34 ans, fondatrice et manager général d’Amine-Indus, une entreprise qui produit Labeille, une marque ivoirienne de miel 100% naturel et bio, qui est sur le marché depuis Août 2019.

Patience, courage et humilité sont les trois mots qui me viennent d’emblée à l’esprit lorsque je pense à elle. Technicienne supérieure en gestion d’exploitation agricole spécialisée en élevage, Mabré Cissé est issue d’une famille très éclectique composée de commerçants, d’éleveur et transporteur. « J’ai grandi dans un milieu libéral. », dit-elle. Ce qui a indéniablement eu une influence sur son parcours car enfant, elle était déjà très éveillée. Son parcours professionnel démarre dans la ville de Man, juste après l’obtention de son baccalauréat. En attendant que son père réunisse les fonds nécessaires pour l’envoyer à la capitale (Abidjan), elle commence à travailler comme gestionnaire dans l’entreprise familiale d’élevage de volailles et de production d’aliments. Cela durera un an. Elle est ensuite retenue comme gestionnaire des bâtiments d’élevage au centre d’apprentissage en Élevage de Bingerville après sa spécialisation en élevage dans le même centre. Elle est débauchée deux ans après par un particulier pour gérer également ses fermes. « Après la crise et l’arrêt des activités de cette ferme, je suis embauchée à l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER) d’où je partirai deux ans plus tard pour me consacrer définitivement à mon projet LABEILLE. » Un concept qu’elle préparait depuis ses années lycée.

En effet, malgré ses différentes expériences en entreprise, Mabré Cissé n’a jamais pu retrouver cet environnement libéral dans lequel elle s’épanouit le mieux. De plus, elle a toujours été persuadée que l’entreprenariat était la seule voie qui lui permettrait d’améliorer ses conditions de vie et celles de sa famille. « J’avais deux passions quand j’étais élève : la médecine et l’entrepreneuriat. D’une part, médecine pour prendre soin de la santé des hommes et d’autre part, l’entrepreneuriat pour marquer mon époque. » Elle a donc décidé d’allier les deux en travaillant dans le secteur de l’agroalimentaire car selon elle, le défi de ce secteur est d’offrir une alimentation saine, naturelle et biologique aux populations qui font de plus en plus attention à la constitution de leur alimentation.  Elle a pu constituer sur fonds propre 95% des équipements nécessaires à son activité et s’est lancée en Juin 2018.

Le choix de la production et de l’empaquetage de miel n’est pas fortuit car sa mère était une vendeuse de miel de qualité, très reconnue. Mabré Cissé a été très tôt initié au commerce de ce nectar car elle servait de main d’œuvre occasionnelle pour sa mère en s’occupant de l’approvisionnement. Très jeune déjà, elle avait pris l’habitude de côtoyer des apiculteurs ; ce qui a éveillé en elle, la curiosité et l’amour des abeilles. Avec son père, elle passait ses vacances à la ferme familiale à ramasser des œufs et à vérifier l’eau. « Bref, le travail à la ferme. Alors, je me suis dit que si je devais faire de l’élevage, ce serait celui des abeilles pour peut-être faire la différence avec mon père. Après mon BTS, j’ai effectué un stage à l’ANADER de Katiola où se trouve le tout premier centre de formation apicole du pays. Les quelques apiculteurs que je côtoyais, parlaient régulièrement de leur difficulté à vendre, de leurs problèmes d’équipements, de la faiblesse de leur récolte, etc. C’est ainsi que j’ai eu un déclic : je me suis dit qu’il fallait que je me lance dans le business du miel pour donner un autre visage plus reluisant à ce secteur. »

La particularité de LABEILLE est que son empaquetage est fait dans des mini-berlingots en aluminium. « Avec l’interdiction des emballages plastiques en Côte d’ivoire, je n’utilise pas de plastique mais plutôt de l’aluminium. Le développement durable est une problématique mondiale aujourd’hui et à LABEILLE, nous y sommes à fond car nous nous sentons très concernés par la protection de l’environnement. » A travers leurs actions, Mabré Cissé et son équipe œuvrent également à la préservation des abeilles et l’accroissement de leur population : ils forment, sensibilisent et organisent actuellement les api-cueilleurs. « Nous avons bon espoir car telle que l’agriculture est pratiquée en Côte d’Ivoire, nous n’en sommes pas encore à l’usage d’hélicoptères pour pulvériser des tonnes de pesticides. Donc nos abeilles se portent bien, contrairement aux pays européens, américains et asiatiques ; et notre miel ne souffre d’aucune contamination chimique. »

Avec ses six employés, Mabré Cissé a réussi à mettre son produit sur le marché depuis août 2019. On le retrouve aujourd’hui dans quelques grandes surfaces, des pharmacies et espaces-cafés ainsi que quelques traiteurs d’Abidjan. Elle livre également directement ses consommateurs à domicile. Son miel provient principalement du nord de la Côte d’Ivoire, dans des régions telles que Odienné, Boundiali et Korogho. Celle qui a été piquée tellement de fois par des abeilles, déplore la quasi-absence des femmes dans ce secteur. « Telle que l’apiculture est pratiquée en Côte d’Ivoire, c’est beaucoup trop risquée et réservée à des initiés (les hommes), une situation que nous espérons changer bientôt avec la professionnalisation du secteur. » Un environnement de travail qui n’est pas de tout repos car les difficultés sont de plusieurs ordres. D’abord techniques car les équipements adaptés sont difficiles à obtenir en Côte d’Ivoire. « Ensuite, financières car les investisseurs ne financent que ceux qui ont déjà de l’argent. Et enfin, les ressources humaines car il y a très peu de main d’œuvre qualifiée. Et les diplômés qualifiés qui remplissent les critères demandent des niveaux de salaires élevés. »

D’ailleurs, la passionnée des abeilles n’oubliera pas de sitôt l’une des expériences douloureuses qui aura jalonné son parcours : « J’avais déjà constitué au bout de trois ans de travail salarié de dur labeur, l’équipement technique pour lancer mon projet en 2012. Tout m’a été volé pour ce qui pouvait être emporté et détruit pour ce qui ne pouvait pas l’être. J’ai dû reconstituer avec peine, souffrance et dans la patience pour enfin me lancer en 2018. »

Mabré Cissé a de la volonté à en revendre. Malgré le fait qu’elle ne bénéficie d’aucun dispositif privé et institutionnel, elle n’hésite pas à participer à des concours pour réunir les moyens complémentaires. Elle suit également des séances de formations et de coaching.

Parmi ses grandes ambitions, Mabré Cissé compte faire de LABEILLE, la marque mondiale du miel 100 % naturel et bio en Afrique et dans le monde et de sa startup AMINE INDUS, une entreprise éco-citoyenne avec de milliers d’employés et de ruches.