Viva Tech 2018 : la scène tech africaine à l’honneur

Cette année, les 24,25,26 mai, je me suis rendue pour la première fois au grand salon Viva Technology organisé par Publicis et le groupe les Echos. Il s’agit d’un grand rendez-vous annuel réunissant les plus grandes entreprises françaises et internationales et surtout des start-ups à la recherche d’investisseurs. Pour cette troisième édition, l’Afrique était au cœur de l’évènement. À ce jour, le continent compte plus de 300 centres d’innovation et comme les médias le soulignent, l’Afrique est en voie d’être le carrefour de l’innovation. On pouvait compter environ 100 jeunes entreprises africaines dans l’espace Afric@tech. Les entreprises sélectionnées, majoritairement axées finance, santé et éducation ont pu présenter à près de 100.000 visiteurs la manière dont elles innovent dans leur pays. Je trouve toujours dommage que la culture soit souvent reléguée au second plan.

Étant une ancienne entrepreneure de l’espace de travail collaboratif Jokkolabs, j’ai pris plaisir à voir leur stand. J’en ai profité pour échanger un peu avec Karim Sy sur sa présence sur le site, bien qu’il fût très sollicité par les médias et les participants, l’entrepreneur a trouvé quelques minutes pour échanger avec moi. C’était aussi l’occasion de discuter avec lui sur la place de l’Afrique dans la sphère tech et innovation. Pour lui, l’Afrique est un continent qui est jeune et qui a démontré l’adoption des technologies avec le boom du mobile et les nouveaux usages qu’on voit émerger de jour en jour. Aujourd’hui, au-delà de l’enthousiasme des uns et des autres, il est nécessaire dès à présent d’accompagner cette force de créativité afin que celle-ci se transforme en opportunités qui font émerger des nouvelles générations d’entrepreneurs à succès.

Mon coup de cœur sur le stand de Jokkolabs était ENDLESS KNOT. Il s’agit d’une startup fondée par Salimata Diop et Christine Sara Muraton. Endless Knot developpe des expériences immersives et des jeux vidéo dans des univers poétiques, en collaboration avec des artistes contemporains. Le jour de ma visite, c’était Déthié Diop qui était présent pendant toute la durée de la foire pour parler du projet et proposer l’expérience VR (réalité virtuelle) au public. C’était une expérience que j’ai adoré vivre.

Vous l’aurez compris, la troisième édition de Vivatech a permis de saluer le potentiel d’innovation de l’Afrique et d’en révéler l’impact positif sur le développement technologique, économique et social du continent. J’espère qu’on pourra un jour avoir un événement de ce type en Afrique afin que la jeunesse africaine, découvre, et observe le champ des possibilités qui s’ouvre à elle.

Un des éléments marquant de ce rendez-vous a été l’annonce du président français Emmanuel Macron.  Il a annoncé la mise à disposition par l’Agence française de développement (AFD) d’une enveloppe de 65 millions d’euros pour participer au financement de startups africaines.  « L’AFD va déployer dans les prochaines semaines un instrument spécifique doté de 65 millions d’euros (…) qui va être destiné à combler les failles d’accompagnement par des petits tickets, qui sont ceux dont ces start-up ont besoin, de 30 à 50 000 euros.»

J’en ai profité pour savoir si tous les secteurs bénéficieraient de cette enveloppe car en général c’est toujours très tourné : agriculture, santé, éducation… La réponse d’une responsable de l’AFD a été positive. J’invite vraiment tous les entrepreneurs à assister à cet événement, bien entendu si les moyens sont au rendez-vous.