Triomphant Tchulang, le concepteur du Frigo Solaire Photothermique

Aujourd’hui, je vous invite découvrir un jeune entrepreneur qui inspire et encourage la jeunesse camerounaise notamment celle vivant dans la zone septentrionale du Cameroun que l’on ne voit pas toujours mais qui fait beaucoup.  J’ai rencontré Triomphant Tchulang pour la première fois en début d’année à Maroua (Extrême-Nord du pays) où il étudiait. J’ai tout de suite été impressionnée par son dynamisme et sa volonté de vouloir faire et surtout bien faire les choses.

Triomphant a 25 ans, après son baccalauréat au Lycée bilingue de Bafoussam et une année en physique à l’Université de Yaoundé 1 à la recherche des repères, il est allé faire ses études à Maroua où il a eu son diplôme d’ingénieur des travaux en énergies renouvelables spécialité solaire photovoltaïque et thermique. Aujourd’hui, il est en fin de parcours du cycle conception L’Ecole Nationale Supérieure polytechnique de Maroua.

En Mars 2018, il a créé son entreprise CLEAN ENERGY SERVICES avec pour projet phare le réfrigérateur solaire sans électricité dont le premier prototype a été construit en 2017. Cette innovation qu’il souhaite voir dans plusieurs foyers du Cameroun permettra de fournir aux populations rurales qui ont souvent peu accès à l’électricité de pouvoir conserver leurs denrées alimentaires. “Dans un futur proche, le réfrigérateur solaire aura la possibilité de faciliter l’accès à l’énergie d’environ 6000 camerounais notamment du secteur agricole qui pourront sans soucis conserver leurs denrées alimentaires. C’est une information importante lorsqu’on sait plus 25% de la production périt par manque d’électricité. Les utilisateurs pourront aussi conserver leurs produits pharmaceutiques.”, explique – Triomphant Tchulang.

L’autre aspect que j’aime beaucoup avec ce projet est que l’excédent d’énergie peut être utilisée pour la recharge d’appareils électriques et l’éclairage grâce à des sorties USB.  Cela me parle car un oncle dont je suis très proche vit dans un village à 2 heures de chez moi, aux alentours de Sackbayémé, et je suis toujours surprise de l’entendre dire qu’il charge son téléphone une fois par semaine quand il se rend dans le village le plus proche. Le solaire est une aubaine pour nous autres.

J’ai souhaité savoir d’où lui est venu cette brillante idée. Sa réponse : “ j’ai grandi entre Bafoussam et Yaoundé où le climat est plutôt doux et froid. Ayant réussi le concours de l’Institut Supérieur du Sahel devenue Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Maroua, je suis arrivé à Maroua et le climat chaud et sec a été rude pour moi. J’ai également été choqué de voir des malades qui avait besoins de soins (Vaccins) souffrir car l’hôpital manquait de moyens de conservation fiables de produits pharmaceutiques et vaccins. 

Etant donné que ma filière était Énergies Renouvelables avec un focus sur l’énergie solaire, je me suis dit qu’il était possible de résoudre le problème de canicule en utilisant sa cause directe. J’ai d’abord pensé à un parasoleil thermique dont le dessus exposé au soleil, permettrait de transformer la chaleur émise en froid et nous rafraîchir pendant qu’on marche au soleil …Ça avait l’air absurde, mais j’y ai cru.  En deuxième année, j’ai reçu des éléments thermodynamiques de base et après une discussion avec un de nos enseignants Pr.  Jean Luc NSOUANDELE, je me suis rendu compte que techniquement ça pêchait.

Entre les échanges de températures, l’environnement chaud, ça n’aurait pas eu un très bon impact. De plus, la répartition inégale de la température sur le corps aurait eu un mauvais effet physiologique.  Me voici à la case départ mais toujours autant motivé. J’ai effectué plusieurs recherches, je me suis rendu compte qu’il existait des moyens de produire le froid grâce au soleil (phénomènes d’adsorption et d’absorption) en développement et très peu répandu : J’ai ainsi décidé de mettre sur pied un prototype de Frigo solaire à adsorption.  J’ai amélioré cette invention durant deux ans avant d’en être fier et de l’appeler le FRIGO SOLAIRE PHOTOTHERMIQUE.” 

Que pouvons-nous lui souhaiter pour la suite ? D’avoir d’une part son visa pour aller à Paris pour le prix EDF Pulse Africa, le 21 novembre prochain et qu’il gagne le premier prix.