Rencontre avec Landry Mbassi à l’occasion de la Douala Art Fair

Les 1er, 2 et 3 juin 2018 s’est tenue la première foire d’art contemporain et de design du Cameroun. Ce rendez-vous innovant est organisé par l’agence créative Omenkart. Le but ? Faire de Douala Art Fair un point de rencontre entre les artistes, les camerounais et le monde. Nous avons souhaité échanger avec le Directeur artistique.  C’est plus de 1000 personnes qui sont venues découvrir les œuvres d’artistes comme Barthélémy Toguo, Koko Komegne, Hervé Yamguen, Jean David Nkot, Ajarb Bernard…

Landry Mbassi est un artiste visuel, curateur et critique d’art basé à Yaoundé. En tant qu’artiste, sa pratique se focalise sur la photographie, la vidéo, l’installation et les nouveaux médias. Depuis 2008, il a été l’un des curateurs des RAVY (Rencontres d’Arts Visuels de Yaoundé), le festival biennal des arts visuels de Yaoundé. Il en assure le commissariat général depuis 2016. Un de ses plus importants projets, Contemporalités, l’exposition principale de RAVY 2016 a présenté ‘Welcome to applied fiction’ une installation majeure de Jean-Pierre Bekolo, réalisateur camerounais et lauréat du Prix Prince Claus 2015. En mai 2017, il est commissionné par le ministère des arts et de la culture pour monter Cheminements – Art contemporain du Cameroun, l’exposition inaugurale de la galerie nationale du Cameroun. En tant que critique d’art, Landry a écrit pour IAM – Intense Art Magazine, SWAG (Something We Africans Got) Magazine et a été contributeur régulier de Mosaïques, le magazine d’art et de culture contemporain du Cameroun. Il est le directeur artistique de la Douala Art Fair.

 

5 questions à Landry Mbassi…

  • Douala Art Fair est un projet assez ambitieux, d’où vient l’idée d’organiser une foire autour de l’art contemporain et du design au Cameroun ?

Douala Art Fair est né de la volonté de proposer un « espace marché » dans un cadre idoine, face à la demande de plus en plus accrue de la création contemporaine camerounaise, mais aussi, pour juguler l’absence de structuration de ce marché-là. En effet, la création contemporaine a le vent en poupe et l’objectif de cette foire est de permettre à cette communauté d’artistes, d’acheteurs et de collectionneurs (potentiels) de se retrouver et de défricher ensemble, de nouvelles perspectives. Dans un monde globalisé, où les esthétiques s’imprègnent plus que jamais des unes des autres, comme des vases-communicants.

 

  • Votre pays, le Cameroun a déjà connu de nombreuses manifestions artistiques, quelle est la particularité de notre événement ? Quelles sont les innovations ?

Déjà la particularité de cette manifestation est qu’elle est la toute première foire d’art contemporain à être organisée sur le territoire camerounais. Ensuite, qu’elle part d’une volonté de proposer un événement de qualité dans un environnement encore victime de plusieurs dérèglements. Absence de galeries, de marchands d’arts, de maisons de ventes et etc. L’innovation principale étant – par rapport aux événements du même type – que compte tenu du contexte, il ne s’agira pas d’une foire où des galeries viendront présenter leurs artistes mais d’une foire où le travail de direction artistique est confié à une personne qui en tire les ficelles. Ainsi, on aura à la fois, une exposition (en plein air, vu que le site de l’événement est en extérieur) et un marché, au sens professionnel de l’expression.

Nous ambitionnons dès l’année prochaine de faire un appel à candidatures non pas que sur le Cameroun mais aussi sur le continent.

 

  • Quelles ont été les articulations autour de la foire d’art contemporain ?

Le cœur de l’événement était l’exposition des 20 artistes camerounais. Ensuite, il y avait plusieurs axes dont : un programme de talks et rencontres autour de la création d’ici et d’ailleurs, des ateliers de loisirs créatifs pour enfants et adultes.

 

  • Quels sont les objectifs de la foire à court, moyen et long terme ?

A Court terme, la foire entend créer un « effet papillon » autour de la création contemporaine au pays ; à moyen terme, réveiller les mentalités et secouer les bourgeoisies et à long terme, contribuer à l’avènement d’une nouvelle ère régie par la pleine admission de l’art comme un vecteur important du développement.

 

  • Les artistes invités étaient-ils tous du Cameroun ? Si oui, lesquels ?

Oui, nous avions Barthélémy Toguo, Hervé Yamnguen, Ajarb Bernard, Hervé Y oumbi, Salifou Lindou, Koko Komegne, Yvon Ngassam, Béatrice Yougang, Boris Anje, Christian Djomani, Hako Hanson, Jean David Nkot, Jean Jacques Kanté, Jean Michel Dissake, Koko Komegne, Marc Padeu, Sarah Tchouatcha, Tally Mboc, Wilfried Nakeu et je crois que c’est bien tout.

 

Plus d’informations sur www.doualaartfair.com