Ma journée à la Foire Internationale des Affaires et du Commerce de Douala

Samedi 31 mars dernier, je me suis rendue à la première édition de la Foire Internationale des Affaires et du Commerce (FIAC) à Douala, Cameroun. En tant qu’entrepreneur, il est important de se rendre à ce type de rendez-vous afin d’avoir une vue de l’écosystème commercial et de ses acteurs.

Cela est encore plus évident lorsque votre entreprise propose des services répondant aux besoins de ceux-ci.

J’y suis allée pour la Business conférence de ma banque, Société Générale Cameroun. Les entrepreneurs vous parleront toujours du sentiment de solitude qu’ils peuvent vivre face à certaines situations. A la FIAC, je souhaitais surtout échanger avec d’autres chefs d’entreprise afin de partager les bonnes pratiques.

Au-delà de nous présenter leurs nouveaux services : une application mobile permettant le suivi de nos comptes bancaires et YUP (une solution de « mobile money » qui permet d’accéder à une gamme complète de services transactionnels et financiers même sans avoir de compte bancaire), la banque a surtout pris le temps d’écouter nos problématiques, nos reproches.

La question du financement revient toujours.  La banque en a profité pour nous rappeler l’importance d’avoir un dossier conforme, en mentionnant que c’était l’une des premières garanties pour avoir accès à un financement.

Après cette conférence relativement intéressante, j’ai profité de l’occasion pour échanger avec deux entreprises présentes sur la FIAC. Je suis dans un premier temps allée à la rencontre de Virginie Kamga, directrice de la communication et du marketing d’Afrimarket. Il s’agit d’une entreprise de E-commerce qui couvre plusieurs pays du continent. Au début c’était la diaspora qui effectuait les courses pour ses proches restés au pays et Afrimarket s’occupait de livrer. Depuis le 6 novembre 2017, on peut désormais commander aussi du Cameroun, du Sénégal ou même de la Côte d’ivoire.

En échangeant avec Virginie Kamga, j’étais fascinée par son enthousiasme vis à vis du développement du E-commerce au Cameroun. Je suis de ceux qui pensent qu’il y a une différence entre ce que les médias vendent (le boom du digital en Afrique) et la réalité terrain.

Les entreprises qui misent sur ce secteur doivent à mon avis “éduquer” leur cible encore habituée à aller faire leurs courses sur des points de vente. Bien que conscientes de cela, elles sont nombreuses à ne pas le faire. Résultat ? Chaque année, elles ferment les portes.

C’est aussi pour cette raison, je suppose, que l’équipe d’Afrimarket a pris un stand à la FIAC pour partir du offline au online. Comme disait David Ekwabi, chargé de communication et du Marketing de la Société Générale Cameroun, de plus en plus d’entreprises se digitalisent, il est donc important de multiplier les points de contact.

J’ai ensuite posé la question de la logistique qui est aussi un frein de développement du E-commerce au Cameroun. Afrimarket a choisi d’internaliser cette partie contrairement aux autres, cela peut expliquer leur succès. Ils ont développé une application GPS qui permet d’aller jusqu’au dernier km.

Dans un second temps, mars étant le mois de la femme, je suis allée à la rencontre d’une entrepreneure : Mme Yomi Ndzé Chimène, Directrice générale de Dexxys Cameroun SARL. Son entreprise vend du matériel informatique et bureautique aux professionnels et particuliers. J’ai été intéressée par son profil car elle passée de l’informel au formel depuis 2015. “Je souhaitais faire évoluer mon entreprise, structurer mon activité et avoir de la crédibilité auprès de mes clients et de la banque”, explique-t-elle.

Je souhaitais savoir si cela n’avait pas été dur d’intégrer le système bancaire. Elle m’a répondu non car elle avait déjà travaillé avec de nombreuses structures de micro-finance. Comme moi, elle a fait le tour des banques de la place pour finalement choisir Société Générale Cameroun. Nous étions d’accords, c’est la seule banque qui accompagne l’entrepreneuriat et surtout l’entrepreneuriat jeune dans un environnement où peu de personnes physiques comme morales le font.

Au-delà du financement, comme toujours l’autre challenge est la ressource humaine. Nous sommes d’accords qu’entre les diplômés que l’on reçoit et nos besoins, c’est souvent le jour et la nuit.

Comment recruter des profils qui ne correspondent pas à nos besoins et peinent à répondre à nos attentes ? On ne le dira jamais assez mais il faut impérativement repenser le système éducatif sur le continent.
J’en ai profité pour demander à  Mme Yomi Ndzé Chimène, comment elle réussissait à s’imposer malgré son jeune âge, elle m’a répondu  : “ Il faut boxer pour se trouver une place et ne jamais baisser les bras”. Sur cette phrase, j’ai commandé un verre de jus d’ananas et je suis rentrée chez moi, fière de cette journée à la FIAC.