Lee Litumbe, la plus grande influenceuse voyage d’Afrique de l’ouest

La première fois que j’ai rencontré Lee Litumbe c’était en octobre 2012, il y a 7 ans. J’étais en stage à Atlanta où elle vivait. En tant que jeunes camerounaises passionnées de voyage, nous avons accroché. Deux années plus tard, chacune créait sa plateforme dédiée au voyage, elle,  spiritedpursuit.com  et moi visiterlafrique.com.

Fondée en 2014, Spirited Pursuit présente des récits de voyage, des photographies vibrantes et des city guides de différentes destinations du monde partagés par des personnes authentiques pour des lecteurs en quête de réel. Depuis deux années Lee Litumbe fait un focus plus sur l’Afrique. Elle a créé cette plateforme après un passage à vide à ses 25 ans. « Je menais une vie qui ne me convenait plus. Je gagnais peut-être bien ma vie dans la finance mais je n’y trouvais plus mon compte. Après discussion avec mon entourage, notamment mes deux sœurs, j’ai décidé de faire le grand saut ! J’ai démissionné et j’ai décidé de faire tout ce que j’aimais : voyager, prendre des photos et écrire », raconte l’entrepreneure.

Lee est née au Cameroun et y a vécu jusqu’à ses 9 ans avant d’aller s’installer aux États-Unis. Dix-neuf ans plus tard, elle est rentrée à la maison, pas à Douala ou Yaoundé mais à Dakar. J’ai souhaité tout de même comprendre ce choix. « J’avais remarqué que la plupart des blogueurs voyage allaient en Europe, Asie du Sud-Est et Amérique du Sud mais qu’on ne voyait jamais l’Afrique ou très rarement. La crainte et l’anxiété causées par le manque d’information et de ressources en sont à mon avis la raison. Et pour les rares visiteurs, on a le choix entre deux destinations, le Maroc ou l’Afrique du Sud. Pour les activités : humanitaire ou safari. De par mon expérience, je sais que l’Afrique est bien plus que ça et que notre continent a beaucoup de belles choses à partager avec le monde. L’Afrique a besoin que les Africains racontent son histoire au monde entier. C’est donc ce que j’essaie de faire depuis mon arrivée à Dakar.

Pour revenir à mon lieu de vie… C’est vrai que je suis originaire du Cameroun, y aller en premier aurait été un choix évident. Mes parents y vivent, mes souvenirs d’enfance sont là-bas, ma culture aussi. Pour moi le Cameroun allait avec zone de confort. J’ai choisi le Sénégal par pure curiosité et par envie de me dépasser. C’est un pays dont la culture m’a attirée, son énergie créative débordante, les paysages variés. Et puis il y a la Teranga, qui signifie hospitalité dans la langue locale du wolof. Comment ne pourrais-je pas être attirée par un pays réputé pour sa chaleur et sa générosité ? » Raconte-t-elle. Vous l’aurez compris, pour Lee, la maison c’est où le cœur est.

Lee est suivie par plus de 160.000 personnes qui s’inspirent de ses posts pour choisir leurs prochaines destinations. Elle est ce que beaucoup appellent une influenceuse. Ma définition est assez simple ; un influenceur est une personne qui influence, qui fait impression, exerce une action sur une autre personne ou sur un groupe d’individus. Elle y arrive bien, il suffit de lire les commentaires. J’ai voulu comprendre comment elle monétisait et vivait de son activité. « Je suis une entrepreneure créative et la plupart de mes travaux sont diffusés sur internet. Je travaille avec des marques, des hôtels, des entreprises et des offices de tourisme en tant que photographe, écrivain, consultante créative, influenceur et créateur de contenu fournissant des services de marketing et des opportunités de publicité créative », explique-t-elle.

Durant notre échange, Lee m’a partagé une citation issue de livre « Year of yes » de Shonda Rhimes qui m’a inspirée : « Beaucoup de gens rêvent. Et pendant qu’ils sont occupés à rêver, les gens vraiment heureux, les gens qui réussissent, les gens intéressants, engagés, puissants, sont occupés à faire. Les rêveurs ? Eux, ils regardent le ciel et ils font des plans et ils espèrent et ils en parlent sans fin. Les rêves sont beaux. Mais ce ne sont que des rêves. Fugaces, éphémères, mignons. Mais les rêves ne se réalisent pas simplement parce que vous les rêvez. C’est un travail difficile qui fait bouger les choses. C’est un travail difficile qui crée un changement. Donc, la leçon n°1, je suppose, est la suivante : abandonnez le rêve et soyez un faiseur, pas un rêveur. »

Ces quelques lignes sont ce qui donne à Lee l’énergie de conquérir le monde et on adore ça. C’est un bonheur de la voir dans des campagnes digitales de superbes marques Cartiel, Mizani and co. Elles montrent aux femmes noires, africaines, qu’elles peuvent voyager seules en Afrique ou dans le monde sans avoir peur et d’ autre part elle prouve que lorsqu’on fait du contenu de qualité en Afrique, on peut s’en sortir financièrement.

Pour terminer notre entretien, j’ai souhaité savoir 3 faits sur le continent :

  • Il est plus facile pour les occidentaux de voyager en Afrique que pour les Africains eux-mêmes. Qu’il s’agisse du type de passeport que vous avez ou des frais de déplacement, il semble toujours qu’il soit plus facile (et moins cher) pour les étrangers de voyager en Afrique. C’est même souvent moins cher d’aller en Europe d’un pays africain que de voyager sur le continent. Ces dernières années, la situation s’est améliorée, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire.
  • Certaines régions africaines sont beaucoup plus faciles à parcourir que d’autres. Par exemple, l’Afrique de l’Est et australe disposent d’infrastructures de voyage bien établies, de sorte que la navigation dans ces pays est beaucoup plus facile que dans ceux de l’Afrique centrale par exemple. Les pays d’Afrique de l’Ouest tels que le Ghana, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Nigéria – se mettent résolument à la tâche.
  • Parler plusieurs langues rend le voyage souvent plus facile.

Lee Litumbe organise dans quelques semaines un voyage à Zanzibar avec peu de places disponibles pour vivre des expériences rafraichissantes. Toutes les informations sont sur son compte Instagram.

Photos prises par Lee Litumbe et Nils Kaiser.