À la rencontre de « l’écolo-friendly » ivoirien Valaire Teki

« Aujourd’hui la seule condition de survie réside dans l’établissement d’un rapport plus humble avec la planète »
Alain Gras

Cette citation semble avoir été bien intégrée par Valaire Teki, Ivoirien d’une quarantaine d’années qui évolue dans la pub depuis maintenant vingt ans. Valaire Teki est un écolo-friendly jusqu’au bout des ongles. Cet homme de communication a démarré sa carrière à l’agence Univers Com comme graphiste, puis directeur artistique chez Océan, et ensuite chez Voodoo. Cependant, malgré cette carrière prometteuse, il n’a pas pu résister à l’appel de l’entrepreneuriat.

Il explique : « Je travaille à mon compte depuis 2010 comme consultant en communication environnementale pour des institutions en Côte d’Ivoire et en Afrique. J’ai aussi un œil sur la communication publicitaire classique au profit de certaines marques et agences de communication. »

Avec ce tournant à 180 degrés, il est d’ailleurs devenu Président de GreenSpirit, une ONG dans le développement durable. Pour Valaire, l’existence de ce côté « Green » en lui n’est pas juste un effet de mode. Ayant passé toute son enfance à Assinie (célèbre ville balnéaire de Côte d’Ivoire) ; il a été littéralement baigné dans la nature.

Pour lui, protection de l’environnement et communication sont liées. « J’accompagne des institutions de la place dans leur stratégie de communication environnementale. Le moment est venu aujourd’hui pour les agences de communication et toutes les entreprises de s’inscrire dans le développement durable. »

Au quotidien, Valaire essaie de partager ses valeurs afin que les Ivoiriens soient plus éco-friendly. Son objectif principal étant d’amener chaque citoyen à prendre soin de son cadre de vie et de l’environnement en général. Mais la tâche n’est pas de tout repos.

Qu’à cela ne tienne, Valaire n’est pas du genre à baisser les bras et sait compter sur un crossroad de compétences qu’il a accumulées au fil des années : sociologie, écologie, communication et management.

Mais cet engagement constant acharné et constant pour la préservation de l’environnement et la sensibilisation des populations à des gestes écologiques a-t-il des répercussions économiques positives dans sa vie ?

À cette question, Valaire répond sans détour : « On me demande toujours ce que je gagne à faire la promotion de l’écologie. Dans notre société de course folle à l’argent, on veut malheureusement tout monétiser. Mon objectif n’est pas le gain financier. On a besoin d’argent pour vivre mais l’argent n’est pas la fin de l’histoire. »

Son avis d’expert en matière d’écologie l’amène également à avoir une analyse macro de l’écosystème du territoire dans lequel il vit ; c’est-à-dire la Côte d’Ivoire.

Bonne élève ou pas ? « Je ne sais pas si la Côte d’Ivoire est une bonne élève en matière d’écologie en Afrique mais je constate qu’il y a une volonté pour les gouvernants de s’engager résolument dans la préservation de l’environnement. Il y a par exemple tous ces parcs nationaux et réserves dont nous disposons. Le parc national de Tai est un exemple de conservation réussie. C’est l’une des dernières forêts primitives d’Afrique qui abrite des espèces endémiques. Il y a le mont Nimba qui est aussi en bon état de conservation et qui demeure l’une des plus belles zones de Côte d’Ivoire. »

Mais selon lui, beaucoup d’efforts restent à faire surtout dans des grandes villes comme Abidjan où les populations aisées ou pauvres ne se sentent pas vraiment concernées par l’application au quotidien de gestes éco-citoyens. Il déplore le manque d’actes concrets pour parvenir à faire d’Abidjan une ville éco-friendly.

« Il n’est pas rare de voir un individu dans une grosse cylindrée jeter une canette de soda dans la circulation… C’est une question de communication pour le changement de comportement et ce n’est pas en une année qu’on va atteindre les objectifs, mais gardons espoir. » Oui, de l’espoir, Valaire en est gonflé à bloc et sait que ce sont les petites actions répétées chaque jour qui permettent d’arriver un jour au but.

Cet échange avec Valaire Teki, l’écolo-friendly, a été un grand bol d’air rafraîchissant pour moi et je l’espère aussi pour vous. « La nature, c’est nous. Prenez-en soin. »