N’guessan Bertin Diahou, une vie au service des femmes

C’est un homme qui a redonné de l’espoir à de nombreuses femmes ivoiriennes et même africaines. Il ne manque jamais d’afficher cet air affable, vissé derrière ses lunettes. Il s’appelle N’guessan Bertin Diahou.

Dr Diahou Bertin est avant tout ingénieur en génie civil et enseignant. Ensuite, il a dû tout lâcher pour un doctorat de biologie moléculaire des plantes, à l’Université Catholique de Fribourg, avant de suivre un autre cursus à l’Université Hébraïque de Jérusalem. « Je suis doctorant et enseignant d’hébreu ancien et d’Araméen. » Et ce docteur a essayé tant bien que mal de mettre son abnégation au service de nombreuses femmes qui avaient du mal à enfanter et donc qui avaient des problèmes dans leur couple. Ça fait maintenant plus de trente ans… Mais qu’est-ce qui amené cet ingénieur en génie civil et biologiste à cette vocation ?

Plusieurs raisons l’y ont motivé. D’abord un constat : quand il s’agit de procréation, dans nos cultures traditionnelles ou modernes, la femme est rendue responsable. Tout le monde a déjà entendu dire : « Mon épouse n’arrive pas à me donner un enfant… » Or, les données recueillies au cours de ses investigations depuis plus de trente années de pratique sont formelles : en Côte d’Ivoire, quand il y a infertilité au sein d’un couple, l’homme, en réalité, est responsable à 60 % ! « Eh oui ! Je le sentais fort il y a déjà bien longtemps. D’où vient-il que quand il y a désir d’enfants, ce soit la femme qui soit ballottée de médecins en médecins et soumises à des traitements très lourds ? Alors, j’ai parcouru la Côte d’Ivoire et l’Afrique, à la rencontre des guérisseurs traditionnels. » Ainsi, avec l’aide de la Société Française d’Ethnopharmacologie de Metz, dont il est membre, il a développé des protocoles exclusivement à base de plantes, sous des formes médicalement acceptables (comprimés, ampoules, gélules, etc.). Par exemple, pour booster l’ovulation chez la femme, avec l’aide de la Société Française d’Ethnopharmacologie de Metz, il a découvert la molécule du Akpi (Ricinodendron Africanum). Leur motivation était liée au respect de la femme. « Notre souci est d’humaniser les soins de la femme dans le cadre du désir de maternité », martèle-t-il.

En trente ans, il a aidé de nombreuses femmes à devenir mères. Un cas l’a particulièrement marqué. Il raconte : « Il y avait cette jeune dame de moins de trente ans à qui on devait faire une hystérectomie totale (ablation totale de l’utérus). Après avoir discuté avec ses médecins, j’ai réussi à les convaincre qu’elle avait une chance de procréer si on prenait le temps de lui enlever juste ses nombreux fibromes. Trente-deux nodules, je crois. Aujourd’hui, des années plus tard, elle a trois enfants. » Ce quinquagénaire sourit alors que sa souffrance physique et intérieure est inimaginable. Depuis neuf ans, il souffre d’un cancer des os.

Le docteur Diahou Nguessan Bertin est également un homme très connecté. Il utilise sa page Facebook depuis quelques années déjà comme une plateforme pour partager son implication auprès des enfants malades du cancer. Malgré son cancer des os qui le brise chaque jour un peu plus, il est motivé pour apporter le sourire à ces petits anges.

Il n’a pas hésité à me partager également la phrase qui le motive au quotidien : « L’amour inconditionnel existe en chacun de nous. Il fait partie de notre être le plus profond. Ce n’est pas une émotion active mais une manière d’être. C’est n’est pas un «je t’aime » pour telle ou telle raison. C’est un amour sans raison, c’est un amour sans objet. » (Ram Dass) 

Il a fini notre échange avec un mot à l’attention de toutes les femmes : « Les femmes sont l’origine du monde. Elles sont porteuses de vie. En Afrique, c’est elles qui tiennent la maisonnée. Dénier leurs droits, c’est nier l’expansion de la vie elle-même. Elles font le monde. Et les hommes les défont, ça cause de leur machisme. Donner plus de droits aux femmes, nos mères, nos épouses, nos sœurs, c’est donner au monde la paix. »

Ô merci docteur Humanité !

 

Edith Yah Brou

 

 

3 comments

  1. Oh, quel honneur ! Je ne mérite de rien. Ô vous Femmes, vous avez mérité cet hommage. Et je vous le remets, je vous le rends, car vous, vous le valez bien…

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  2. Bravo, vous nous redonnez espoir, merci infiniment.

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