Douala Art Fair, seconde édition !

 Le week-end dernier du 31 mai au 2 juin 2019, à Canal Olympia, Douala, s’est tenue la seconde édition de Douala Art Fair.

« Le boom de l’art africain n’a que peu d’intérêt si les Africains eux-mêmes ne l’achètent pas ». C’est ce que je disais en 2018 lors d’une interview au journal Le Monde. C’est à ce niveau que notre réflexion a débuté. Nous sommes partis d’un constat simple qui était de dire que l’Afrique devait créer son propre marché de l’art. Depuis vingt ans, l’art contemporain dit africain résonne sur la scène artistique contemporaine internationale. Des manifestations artistiques ne cessent de se développer, tout comme la cotation et la vente d’œuvres de certains artistes du continent au sein des maisons de vente telles que Sotheby’s ou encore PIASA. Tout ceci montre un dynamisme clair et évident. La scène plastique contemporaine africaine est vivante et surtout vibrante. Des artistes se sont révélés et imposés parmi les plus grands. La liste est longue, on pourrait citer Pascale Marthine Tayou, Barthelemy Toguo ou encore Bili Bidjocka.

Le Cameroun compte 24,5 millions d’habitants mais n’a qu’une seule galerie, la galerie MAM à Douala et quelques espaces de création et exposition (Doual’art, Bandjoun Station, espace Bolo…). Nous avons donc décidé de créer une foire où des artistes camerounais et du continent présenteraient leur travail. Vous l’aurez compris, Douala Art Fair naît de la volonté de proposer un espace, un marché́, dans un cadre qui ne s’y prête pas vraiment. Nous voulons que les camerounais comprennent ce qu’est l’art, qu’ils s’y intéressent et développent des émotions, en espérant que, d’ici trois à huit ans, ils trouvent normal d’acheter ces œuvres.

Pour cette seconde édition, nous avons voulu survoler l’Afrique centrale où on assiste à l’émergence d’une vague de brillants artistes de Kinshasa à Yaoundé en passant par N’Djamena ou Pointe-Noire. La première édition nous a encore donné plus envie d’accompagner cette nouvelle garde de plasticiens africains qui a choisi, à l’inverse de ses aînés, de ne pas céder aux sirènes de l’exil. Nous avons reçu en 3 jours, 1009 personnes venues pour découvrir 150 œuvres d’art réalisées par 50 artistes sélectionnés. Ceux-ci venaient du Cameroun, de l’Angola, de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo, du Tchad.

Au programme visites guidées, talks (Quel est l’impact du numérique dans l’art et la création ? Quelles actions mettre en place pour inciter les camerounais à consommer l’art et à créer de la demande ?), projections cinématographiques : « Zombies » de Baloji et « Malick Sidibe, le partage » de Thomas Glaser.

24 heures après la fin de cette seconde édition nous sommes déjà prêts à attaquer le chantier de la troisième. Nous ne la réaliserons plus en juin mais du 6 au 8 novembre 2020.

D’ici là, faites un tour sur notre site et achetez de l’art.

 

Crédit photos : Max Mbakop