Ange Frédérick Balma, un entrepreneur lumineux pour les agriculteurs africains

« La récompense du travail bien fait est une récompense souvent bien plus appréciée qu’un salaire » de Indira Gandhi

Cette citation préférée de l’entrepreneur Ange Frédérick Balma est certainement celle qui l’a guidée tout au long de son parcours. Ce célibataire de quarante ans (même s’il ne les fait pas du tout) – presque toujours souriant- est un fonceur et entrepreneur passionné. Il dirige deux entreprises qu’il a fondé from scratch : Une agence de voyage et une startup dans l’énergie et l’internet.

Son parcours professionnel est une véritable frise à l’asymétrie parfaite. Il a d’abord travaillé pour Ivoiris, Allo Télécom et Sonoco. De grands groupes européens spécialisés dans les télécoms et l’électroménager, pour lesquels il a effectué plusieurs missions et formations.

Mais ce passionné de voyage, finalement piqué par le virus de l’entrepreneuriat, décide de démissionner pour créer sa société Group Alliance et Blessing Travels. Une agence dont la qualité des services se propagera partout dans la ville d’Abidjan.

Mais il n’en reste pas là. Six ans plus tard après une certification en objets connectés et une expertise en système de sécurité, big data et en énergie renouvelable, il se lance dans la technologie de l’internet par la lumière en créant Lifi-Led Cote d’Ivoire. « Tout est parti d’une expérience personnelle pendant laquelle je me suis retrouvé dans la plantation familiale sans couverture de réseau mobile durant deux semaines. Etant totalement « coupé du monde », jai commencé à penser à une solution qui pouvait à la fois résoudre le défi de la couverture mobile et de l’accès à l’énergie. C’est de là qu’est partie la volonté d’adapter la technologie Lifi aux besoins des populations rurales en créant Lifi-Led Cote d’Ivoire. », raconte-t-il avec une pointe d’émotion. Mais sa passion pour la technologie remonte à plus loin dans son enfance. Pendant que ses amis jouaient et lisaient leurs cours, il passait son temps à démonter et ré-assembler les postes radio et téléviseurs juste pour voir s’il pouvait les faire fonctionner à nouveau. « La technologie a toujours fait partie de moi car j’étais un enfant très éveillé et curieux surtout dans le domaine de l’informatique et l’électronique. », rajoute-t-il.

 

Avec sa start-up technologique Lifi-Led, l’objectif qu’Ange Frédérick Balma se fixe est la transformation des villes africaines en villes intelligentes. Son business model consiste à mettre à la disposition de ses utilisateurs, des pass permettant d’activer différents services en une fois (Electricité, internet et contenus multimédia qu’ils achètent par mobile money  ou en espèce auprès d’un fournisseur agréé au sein des villes et villages). « Ainsi, nous rentabilisons au bout de quelques mois nos retours sur investissements afin de pouvoir investir et déployer dans de nouvelles de zones rurales. »

L’impact de sa technologie se fait également sentir dans le secteur agricole. L’agriculteur peut interagir avec plusieurs experts et clients via Internet. Il peut via les réseaux sociaux trouver facilement des contacts d’ONG ou d’institutions évoluant dans le domaine agricole afin de l’aider à valoriser ses produits et se faire du relationnel. Avec Lifi-Led, Ange met à la disposition des paysans, du contenu agricole recueilli auprès des agences spécialisées comme l’ANADER et de le CNRA pour leur permettre de faire des cultures règlementaires aux normes internationales. « Ainsi, l’agriculteur coupé du monde depuis des lustres par manque d’accès et de connexion avec le monde extérieur est désormais suivi et accompagné de partout afin de mener à bien ses récoltes et pouvoir les commercialiser via internet. Mais également permet de former et d’informer l’agriculteur sur les nouvelles variétés. »

C’est indéniable. Ange Frédérick Balma tire sa source d’inspiration du monde rural. « Quand je vois cette population qui chaque jour lutte pour aller de l’avant et tenir malgré tous les problèmes qu’elle rencontre, je ne peux qu’être motivé face à une telle abnégation. Donner le meilleur de moi pour permettre un mieux vivre et un mieux-être au peuple africain tel est ma devise au quotidien. » Avec Lifi-Led, il essaie au mieux de participer à cet essor communautaire en mettant à la disposition de ces populations un service de qualité qui leur donne accès à l’électricité et à une connexion internet de haut très débit.

Un projet d’une telle envergure n’aurait pas pu se développer au fil des années avec le soutien d’un noyau dur. En effet, sa famille a été la première à s’impliquer pleinement dans ce projet entrepreneurial. Elle l’a toujours soutenu dans les bons comme dans les mauvais moments. « J’ai toujours eu ma famille à mes côtés. « Chacun tente à sa manière de participer à la concrétisation de ce rêve humanitaire qui vise à donner de l’espoir à des populations qui en ont réellement besoin. »

Même si tout parait avancer pour le mieux pour le Lifi-Led d’Ange Frédérick, il serait incongru de ne pas mentionner les difficultés qu’il rencontre. « L’une des plus grande est la démocratisation de notre technologie sur le continent, l’accès à nos dirigeants ,décideurs et autorités afin de vulgariser notre solution sur tout le continent et dans les pays en voie de développement. »

Malgré ces obstacles, cet esprit positif a de très bonnes perspectives pour sa startup. Il prévoit notamment l’expansion de Lifi-Led à travers la création de plusieurs filiales en Afrique (Burkina-Faso, Libéria, Cameroun…etc.) et en France. Il travaille également sur la version 2 de sa solution afin de sortir la nouvelle version a une vitesse de 100 Megabits/s (au lieu de 25 Mégabits/s aujourd’hui).

Je ne pourrai pas finir ce portrait sans mentionner les derniers mots d’Ange Frédérick Balma qui ont particulièrement résonné en moi : « Quelques soit les épreuves et les obstacles, le simple fait d’aimer et d’être passionné de ce que je fais me donne de l’espoir et de la force pour avancer en toutes circonstances. Si j’échoue, je me relèverai et j’en tirerai les conclusions pour me lancer de nouveau. J’aime ce que je fais alors je me donne les moyens pour concrétiser ce en quoi je crois. »